Le président du Rassemblement pour le Mali a été investi samedi au cours d’une imposante cérémonie
L’événement était très attendu et il a tenu toutes ses promesses : le président du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéïta, a été officiellement investi samedi pour l’élection présidentielle du 29 avril prochain. Cette investiture est intervenue juste une semaine après la cérémonie dite de « réponse à l’appel à candidature » au cours de laquelle Ibrahim Boubacar Keïta avait accepté de se porter candidat à la présidentielle à l’appel de plusieurs partis politiques et d’une multitude de clubs et d’associations de soutien à sa candidature (voir l’Essor du 11 janvier). L’imposante cérémonie a drainé du monde au stade omnisports Modibo Kéïta qui n’a du reste pas pu accueillir tous ceux qui voulaient assister à l’événement. Les retardataires ont dû suivre la cérémonie à partir de l’extérieur de l’enceinte. Les délégués mandatés à l’investiture étaient venus des régions, des 6 communes du District de Bamako et du cercle de Kati. On notait également la présence de quelques délégations étrangères. Côté organisation, rien n’avait été négligé. Des hauts parleurs installés aux quatre coins de la pelouse diffusaient la musique de troupes folkloriques dont « Tièbilé Tiè » de Kati, « Hèrècoura » de Ségou, « Super 11 Takamba » de Gao, « Balimaya » de Sikasso. Des artistes dont la renommée dépasse nos frontières, notamment Bako Dagnon, Kôkô Dembélé et Fantani Touré, ont également agrémenté ce grand rendez-vous du « parti du tisserand ». La cérémonie était prévue pour 15 heures. Mais déjà à 14 heures, la loge officielle du stade omnisports avait fait le plein. Bien avant, la tribune découverte était noire de monde. « IBK, la solution 8 ! », tel le slogan qui revenait le plus. C’est dans cette atmosphère surchauffée et sous une écrasante charge émotionnelle que le candidat fit une entrée triomphale dans le stade escorté par une parade de chevaux. Drapé dans un boubou blanc et coiffé d’un bonnet de la même couleur, le président du Rassemblement pour le Mali fera le tour d’honneur du stade sous les notes à la gloire du « Simbo » de la célèbre cantatrice Bako Dagnon. Il passera ensuite en revue les troupes folkloriques massées sur la pelouse. L’on pouvait alors entrer dans le vif du sujet. La cérémonie proprement dite débuta par l’exécution de l’hymne du parti et les mots de bienvenue du secrétaire général de la section RPM de la Commune II, Sékou Doumbia. Les mouvements des femmes et jeunes du parti, la coalition « IBK 2012 », les clubs et associations de soutien et l’association « Didima », représentant la diaspora ont donné de la voix. Tous ont prôné le « Takokelen » (la victoire dès le premier tour, Ndlr). Pour cela, leur contribution ne fera pas défaut. Les partis politiques UM-RDA Faso Jigi et Miria, au nom d’autres formations, ont confirmé leur soutien au candidat du RPM. Une demi-heure a été consacrée à la projection d’un documentaire retraçant le parcours de l’homme. Ensuite, ce fut l’intervention solennelle du candidat. Dans son discours, celui qui fut Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale, a indiqué que le peuple du RPM est rassemblé pour entamer un grand combat : celui de l’élection du président de la République le 29 avril prochain. De nombreux appels ont été enregistrés par rapport à sa candidature et cet élan a été amplifié par l’appel de personnalités, a-t-il souligné. « J’accepte cet appel. Ensemble, nous irons vers la victoire », a annoncé Ibrahim Boubacar Kéïta. Après avoir souligné les maux dont souffre le pays et notre société, il a jugé que la situation appelait des solutions fortes et un homme d’expérience. S’il est élu, il proposera un grand contrat à la jeunesse, des mesures fortes pour l’école qui sera obligatoire et totalement gratuite jusqu’à l’âge de 16 ans. Le métier d’enseignant sera revalorisé. L’accès égal et universel aux soins de santé, la croissance économique, la relance de l’emploi et la réduction de la pauvreté figurent au cœur du projet de l’homme. Le champion du RPM ambitionne de reformer le secteur minier, de développer les BTP et le secteur du trio tourisme-culture-artisanat. En outre, un plan numérique sera mis en route pour l’information et la communication. Ce programme permettra de créer 350 000 emplois en 5 ans. Pour y parvenir, Ibrahim Boubacar Keïta promet de restaurer l’autorité de l’Etat, de refuser le pillage de ses ressources et d’instaurer un système judiciaire placé sous l’autorité de la loi. Elu, le porte-étendard du RPM proposera une loi d’orientation militaire et organisera des assises nationales sur le Nord avant même la fin de l’année. Une banque des Maliens de l’extérieur sera créée. Trois axes majeurs sous-tendent le programme du candidat : stabiliser le taux de croissance économique au dessus de 5% pendant 5 ans pour atteindre un taux à deux chiffres à l’horizon 2017 ; améliorer le bien-être social du Malien ; renforcer la bonne gouvernance et rendre l’Etat plus crédible et plus sécurisé. Il faut sans doute rappeler que Ibrahim Boubacar Keïta brigue la magistrature suprême pour la troisième fois. Il y avait déjà postulé en 2002 et en 2007.