Le ministre de l’Administration territoriale qui a présenté des échantillons du matériel électoral, a aussi répondu à des questions sur la tenue des scrutins dans le nord du pays
A trois mois des échéances électorales, le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le général Kafougouna Koné, en compagnie de son homologue Sidiki N’Fa Konaté de la Communication, porte-parole du gouvernement, a animé hier un point de presse dans les locaux de son département pour situer le niveau des préparatifs du référendum et des élections générales. Ces consultations permettront l’adoption des modifications de la Constitution du 25 février 1992, l’élection d’un nouveau président de la république et le renouvellement du mandat des députés. L’enjeu organisationnel est multiple pour avoir des élections régulières et transparentes au terme d’un processus électoral accepté et avec un taux de participation amélioré. Le challenge est d’importance pour l’Etat, a souligné Kafougouna Koné qui a évoqué la longue chaîne du processus : mise en place du dispositif de pilotage, choix du fichier électoral, soumission du budget au conseil des ministres, révision des listes électorales, création des bureaux de vote, confection et distribution des cartes d’électeurs, gestion des candidatures, organisation de la campagne électorale, déroulement des opérations de vote, centralisation et proclamation des résultats, récupération et conservation du matériel électoral, etc. Une opération qui coûtera 30,5 milliards de Fcfa Le processus est bien engagé, a assuré le ministre de l’Administration territoriale en évoquant l’installation de structures fonctionnelles de pilotage des élections, le choix du fichier électoral, la relecture du code électoral, la révision des listes électorales. Des actions sont en cours d’exécution, a souligné Kafougouna Koné en citant l’acquisition et la mise en place des documents et matériels électoraux. L’identification, la désignation et la formation des agents électoraux, chevilles ouvrières des opérations de vote, sont aussi en cours tout comme la confection des cartes d’électeurs et la création des bureaux de vote. Il est ainsi envisagé d’ouvrir 25 000 bureaux de vote pour le referendum et la présidentielle et 23 400 bureaux pour les législatives. Le bureau de vote comprendra un président et quatre assesseurs nommés par le préfet, le gouverneur du District pour Bamako l’ambassadeur ou le consul général pour les missions diplomatiques et consulaires. Un délégué par parti, candidat ou liste de candidats, un délégué de la CENI et des observateurs accrédités sont également prévus. Le candidat à la présidentielle est astreint au paiement d’une caution de 10 millions de Fcfa et au parrainage de 10 députés ou de cinq élus communaux par région plus cinq du District de Bamako. Pour la présidentielle la convocation du collège électoral est fixée au 30è jour avant le scrutin et pour les législatives au plus tard 40 jours avant le scrutin. Pour la présidentielle, le conseil des ministres du 18 janvier a ainsi adopté un décret convoquant le collège électoral le 29 avril pour le premier tour et le 13 mai en cas de second tour. Le même décret fixait les dates de la campagne électorale. Pour le premier tour, ce sera du 8 au 27 avril. La campagne du second tour débute juste après la proclamation des résultats définitifs du premier tour et ira jusqu’au 11 mai. Kafougouna Koné a souligné à ce propos, l’importance de la campagne électorale car elle permet aux candidats retenus ou aux formations politiques de se faire connaitre de l’électorat et de défendre leurs idéaux et projets auprès de l’opinion nationale. Aussi importantes sont, bien sûr, la centralisation et la proclamation des résultats. Des échantillons du matériel réceptionné ont été présentés par le ministre Koné aux journalistes. Ce sont principalement deux urnes : une petite et une grande. La petite servira au referendum et la grande à l’élection du président de la République. Quant à l’isoloir présenté, il permet de contrôler toutes les tentatives de fraude que pourrait entreprendre un votant tout en garantissant la confidentialité de son vote. Les bulletins de vote sont conçus de manière qu’aucune photocopie ne soit possible. Noyés dans le papier se trouvent des détails visibles seulement par infrarouge. Les formulaires des procès verbaux sont aussi protégés car leur photocopie gomme l’en-tête. Autant de garde-fous pour assurer des élections transparentes en 2012. Le problème du Nord s’est évidemment invité aux débats, des confrères estimant qu’au rythme où évolue la situation sécuritaire, aucune élection ne pourra bientôt être envisagée dans le septentrion. Sur la question, Kafougouna Koné a fait la part des choses : c’est à la Cour constitutionnelle dire s’il peut ou non avoir élection. « Le rôle de mon département est de préparer les élections », expliquera-t-il en soulignant néanmoins : « les préparatifs vont bel et bien se poursuivre surtout qu’au Nord il y a une relative accalmie ». Le ministre Sidiki N’fa Konaté a, lui, été interrogé sur l’éventualité d’un débat télévisé en direct entre les candidats à la présidentielle. Le porte-parole du gouvernement a relevé à ce propos qu’aucun texte ne fait obligation aux candidats de se rencontrer en débats contradictoires. C’est pourquoi, cette expérience s’est limitée à l’élection présidentielle de 1992.