Le temps presse pour les candidats dont l’agenda va être compliqué avec les fêtes de Noël et du Nouvel an
En cette fin d’année, la précampagne pour l’élection présidentielle de 2012 est plus que jamais lancée. Les différents candidats qui comprennent sans doute que le compte à rebours a commencé depuis des mois, s’investissent à fond. Comme nous l’annoncions dans la chronique de la semaine dernière, le week-end qui arrive sera marqué notamment par l’investiture de Soumana Sacko dont la candidature est portée par le parti Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS-Faso Hèrè). Le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), lui, est à nouveau dans la tourmente. Et pour cause : la crise profonde qui le secoue depuis que le 1er vice-président de la formation, Jeamille Bittar a affiché ses ambitions pour être candidat à la présidentielle, a connu un nouvel épisode la semaine dernière. Une réunion de la coordination du parti en Commune IV du District de Bamako a failli tourner au psychodrame, empoisonnant encore un peu plus les relations entre Bittar et d’autres responsables de la direction nationale. Un proche du président du Conseil économique, social et culturel, témoin de l’incident explique. « Il s’agissait effectivement d’une réunion programmée par le parti. Mais les partisans de Bittar avaient bien préparé leur coup. Ils avaient beau jeu puisque ce sont eux qui peuvent le plus mobiliser dans la commune. Ils ont rempli la salle de militants acquis à leur cause ». Selon le même interlocuteur, quand Amadou Koïta et Mahamane Touré plus connu sous le sobriquet de « Serpent », respectivement président de l’Union des mouvements et associations pour le Mali (un rassemblement d’associations de jeunes qui sollicitent la candidature de Bittar à la plus haute charge de l’Etat), et membre de la direction du parti, sont arrivés, ils ont été très acclamés. Précisons que le même Koïta est responsable de la jeunesse du PDES. « Cela faisait partie de la stratégie. La réunion était présidée par N’Diaye Ba, car Séméga (le président du parti, Ndlr) est très occupé par ses obligations ministérielles. N’Diaye Ba et d’autres intervenants ont été conspuées. La rencontre a dégénéré quand N’Diaye Ba a invité à l’union sacrée autour de Séméga, le président du parti. Des gens ont investi la tribune et ont tout renversé. N’Diaye Ba et d’autres responsables à la tribune ont dû être exfiltrés in extremis », assure le témoin, un peu vachard. Dans tous les cas, l’incident illustre parfaitement le climat délétère qui prévaut actuellement au plus haut sommet du parti qui revendique l’héritage du président de la République. Du coup, les incertitudes qui prévalent sur la tenue de la convention nationale initialement prévue pour ce samedi et dimanche, restent fortes. Notre interlocuteur est sceptique sur la tenue de ces assises. « La réunion préparatoire sur la Convention n’a pas eu lieu. On ne sait même pas qui seront les délégués à ces assises, car aucune directive n’a été notifiée aux structures du parti dans ce sens. C’est compte tenu de tous ces facteurs que je doute de la tenue de la Convention », soutient-il. Contacté hier, un membre de la direction du parti a répondu n’avoir « rien à dire » sur les incidents qui ont émaillé la rencontre de la semaine dernière, ni sur les préparatifs de la convention. Ambiance Les choses sont plus précises pour l’ancien Premier ministre, Soumana Sacko. Il sera investi le week-end au cours d’une cérémonie qui se déroulera au palais de la Culture à Bamako. Ce sera à l’occasion d’un congrès du parti qui soutient sa candidature « Après le discours du secrétaire général du parti, les formations politiques invitées à la cérémonie pourront prendre la parole. Il y aura ensuite le discours de l’appel solennel à candidature. Le candidat répondra à cet appel », détaille un responsable du parti, en précisant que le congrès prévoit dimanche, un débat avec les cadres du parti, des témoignages sur le parcours du candidat, et une rencontre avec les militants des sections du District de Bamako. Le candidat du Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ), Dioncounda Traoré, aura également un programme assez chargé. Il poursuit sa tournée à la rencontre des militants. Le temps fort de son programme du week-end sera un « atelier sur la finalisation du bilan » du parti au moment où il était au pouvoir (de 1992 à 2002, Ndlr). Les membres du Comité exécutif et les cadres du parti participeront à cet atelier. Le candidat annoncé, mais non encore déclaré, l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé, se trouvait hier dans la ville de Sikasso, après avoir sillonné plusieurs localités de la région. Il mettra à partir d’aujourd’hui le cap pour Ségou. Il sera investi en principe dans la première décade du mois de janvier. « En fait, ce n’est pas une investiture. C’est une déclaration de candidature. Ce sont les partis qui investissent leur candidat. Or, nous nous n’avons pas parti », explique, un proche de l’ancien chef du gouvernement. Les prochaines étapes sur le terrain du candidat annoncé seront les régions de Mopti, du Nord et de Kayes. Mais le lieu de la déclaration de candidature reste inconnu. Le candidat du parti Solidarité africaine pour le développement et l’intégration (SADI), Oumar Mariko, lui, marque une pause. Le député de l’opposition a choisi pour le moment de se consacrer à la préparation des questions orales sur lesquelles il veut interpeller des membres du gouvernement. La séance plénière est programmée pour aujourd’hui.