Après une pause relative, la pré-campagne a repris de plus belle
L’heure de vérité pour la prochaine élection présidentielle s’approche. Certes dans la course vers Koulouba, ce n’est pas encore le sprint final (la campagne électorale ne s’ouvrira officiellement que le 8 avril). Mais les candidats à la magistrature suprême savent que le compte à rebours est en cours et qu’il s’accélère. Après une relative pause imposée par les fêtes de fin d’année, la précampagne, comme il fallait s’y attendre, a donc repris de plus belle. A Bamako et dans le reste du pays, candidats, partis, mouvements de soutien aux prétendants sont dans les grandes manœuvres. Samedi à Bamako, c’est le Rassemblement pour le Mali et son futur candidat, Ibrahim Boubacar Keïta qui étaient en vedette. Les partis et les clubs de soutien à la candidature de l’ancien Premier ministre ont fortement mobilisé au Palais de la culture à la faveur d’une cérémonie dite de « Réponse aux appels à candidature » à Ibrahim Boubacar Keïta. Le grand show programmé de longue date a sans doute fait grand effet. Les partis signataires de la plate-forme de soutien à « l’appel à candidature » (une quinzaine) et la multitude d’associations et de clubs de soutien ont ainsi renouvelé leur appel à l’ancien président de l’Assemblée nationale à briguer une nouvelle fois la plus haute charge de l’Etat. La réponse tant attendue ne pouvait être que positive. Le prochain grand rendez-vous pour « le parti du tisserand » et ses alliés est prévu pour samedi prochain. C’est ce jour-là que Ibrahim Boubacar Keïta sera officiellement investi candidat au cours d’une cérémonie solennelle. Depuis quelques jours, la direction du parti et les organisateurs de cette cérémonie que le stade Modibo Keïta, accueillera, sont à pied d’œuvre. Déjà demain, les partis signataires de la plate-forme de l’appel à candidature signeront un document formalisant leur engagement en faveur du candidat au cours d’une cérémonie à la Maison de la presse. Samedi matin (le jour de l’investiture), ce sont des notabilités, des leaders religieux et des chefs coutumiers du District de Bamako qui entrent en scène avec une cérémonie de bénédiction pour le candidat. Le clou des activités sera la grande cérémonie d’investiture dans l’après-midi. Une cérémonie concoctée pour frapper les esprits mais dont le déroulement est tenu secret pour le moment. « La seule chose que nous pouvons dire pour le moment c’est que le stade sera plein », promet un responsable du staff de communication du parti et du candidat. Le même samedi, le Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) qui a investi son candidat depuis le 30 juillet dernier marquera une nouvelle étape dans la préparation de la candidature de son champion : le président du parti, Dioncounda Traoré, par ailleurs président de l’Assemblée nationale. Sa direction et ses cadres seront en conclave autour du programme du candidat. Ledit programme avait été adopté lors de la dernière conférence nationale, mais le texte avait fait l’objet d’amendements. Une commission avait alors été mise en place pour examiner ces propositions. Ce sont les conclusions de cette commission qui seront au centre de la rencontre de samedi qui va les entériner. Dans le chassé-croisé qu’impose la pré-campagne, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé devait quitter Bamako aujourd’hui pour poursuivre son tour du pays qu’il avait entamé par la Région de Sikasso à la mi-décembre, pour enchaîner ensuite avec les régions de Ségou, Koulikoro et Mopti (du 21 au 28 décembre). Cette fois, c’est le tour du grand nord. Gao, Ansongo, Kidal sont les principales étapes prévues pour cette sortie dans le Septentrion. L’ancien chef du gouvernement va boucler la boucle de ses « prises de contacts » par Nara et Dilly, une localité religieuse qui semble en passe de devenir un passage obligé pour nombre de prétendants à Koulouba. La semaine dernière, Modibo Sidibé était dans la Région de Kayes en compagnie de son épouse où l’attendaient deux étapes à forte symbolique : Ouassala, village natal de sa mère (dans le cercle de Bafoulabé) et la ville de Kayes d’où est originaire son épouse. Sil l’on en croit les échos qui nous sont parvenus, le plus que probable candidat n’a pas été déçu par ces retours « aux sources ». Si l’ancien Premier se révèle très actif sur le terrain ces dernières semaines, la date du lancement officiel de sa candidature n’est toujours pas calée. Ce que l’on sait, c’est que ce sera finalement après la Coupe d’Afrique des nations de football dont le coup d’envoi sera donné le 21 janvier et qui s’achèvera le 12 février. Ce sera au cours d’une convention nationale où Modibo Sidibé répondra à l’appel des nombreux clubs et associations qui militent pour sa candidature. Et des partis aussi. A propos justement des formations politiques qui pourraient rouler pour lui, un membre de son entourage précise : « Nous ne pouvons pas pour le moment donner de nombre. Les négociations sont en cours. Elles peuvent prendre du temps, car les partis sont méticuleux dans les négociations. Ils veulent être rassurés dans le moindre détail sur ce qu’ils ont à gagner pour leur ralliement. Ils se projettent même au-delà de la présidentielle dans la perspective des législatives et des municipales ». Soumaïla Cissé, le candidat l’Union pour la démocratie et la République (URD), lui, sera à Djenné ce week-end pour la conférence régionale de Mopti du parti. L’ancien ministre et président de la Commission de l’UEMOA aura été aussi très présent sur le terrain ces dernières semaines. Il a regagné Bamako dimanche après une tournée dans la Région de Tombouctou (Niafunké, Tombouctou, Gourma-Rharous, Goundam) à l’occasion d’une conférence régionale du parti. Une tournée dont le point d’orgue aura été l’étape de Goundam où la maire, Mme Seck Oumou Sall, et plusieurs militants et cadres du Parti pour le développement économique et la solidarité, ont rejoint l’URD qui ne sera pas la seule formation à soutenir son champion. Six autres partis auraient déjà signé une plate-forme de soutien à Soumaïla Cissé, tandis les négociations sont en cours avec le GPS-2012 (un regroupement de 44 formations politiques réclamant l’organisation des élections sur la base d’un fichier consensuel et fiable). Quant au Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, les héritiers de l’ancien régime du parti unique), il n’a toujours pas tranché sur l’opportunité de présenter un candidat à la présidentielle. Le débat interne se poursuit sur la question, conformément aux instructions du récent congrès du parti qui a laissé le soin au bureau exécutif central de s’en charger. Cette instance du parti se réunit samedi, pour la première fois depuis la tenue du congrès au cours duquel les jeunes s’étaient prononcés en faveur d’une candidature interne au parti. L’ancien Premier ministre de la Transition, Soumana Sacko, sillonne également le pays depuis des mois, appuyé par la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS Faso Hèrè). Il était dimanche dans les environs de la capitale, notamment à Diorila, une localité située à 25 kilomètres de Bamako. Sur la route, il s’est arrêté dans 4 villages pour y discuter avec les chefs de village et notabilités. Une sortie de terrain est prévue pour lui ce week-end. Pour terminer, revenons en 2011. Juste avant la fin de l’année, une ancienne candidate, Mme Sidibé Aminata Diallo, était entrée en lice. Son parti, le Rassemblement pour l’éducation à l’environnement et au développement durable (REDD), l’a désignée au cours de sa conférence nationale tenue à Sikasso le 24 décembre. L’ancien ministre de l’Education remet donc ça, puisqu’elle avait déjà été candidate en 2007 (la première femme à briguer la magistrature suprême dans notre pays), avant d’être appelée au gouvernement. D’autres candidatures sont à venir. La liste des candidats déclarés s’allongera ce week-end, avec l’investiture du candidat du CNID, Me Mountaga Tall, ce dimanche. « Avec des militants et sympathisants déterminés, une stratégie électorale élaborée, un programme à la fois réaliste et attractif, nous nous sommes donné les moyens de nos ambitions », a déclaré hier le candidat à l’occasion de sa traditionnelle présentation de vœux à la presse (voir article A. ci-contre)