La commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines a suscité à la fois l’enthousiasme et la critique. Après que se soient estompées l’euphorie et les récriminations des célébrations, le centre de réflexion et recherche du savoir local « Point Sud » se penche pendant quatre jours sur la question au cours d’un séminaire dont l’ouverture s’est déroulée lundi dans ses locaux de Torokorobougou.
« Point Sud » est un centre dont la vocation est d’établir un dialogue constant entre les chercheurs d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Il organise ainsi des colloques internationaux et des cours destinés à ses chercheurs et aux scientifiques étrangers afin de débattre de questions communes. C’est dans cette optique, qu’il organise cet atelier dont le thème est « la célébration des indépendances en Afrique » pour réfléchir sur l’envers du décor des émancipations africaines. La session regroupe des participants venus de 10 Etats africains qui ont célébré l’année dernière le cinquantenaire de leur indépendance et des ressortissants de pays qui s’apprêtent à fêter cette année le leur. Des participants venus d’Europe, d’Asie et de d’Amérique y prennent aussi part. L’objectif de cet atelier, selon le co-directeur de Point Sud, Moussa Sissoko, est de faire une étude comparative en analysant les retombées des indépendances et la manière dont elles ont été célébrées. Un autre objectif de la session est de faire comprendre aux populations le sens de l’accession de leurs pays à l’indépendance en tenant compte de l’usage qui en a été fait. Moussa Sissoko estime que le concept de l’indépendance doit être davantage expliqué à la population dans la mesure où les anciens colonisateurs sont toujours associés à la prise de décisions, à l’organisation des élections et à la gestion de la politique étrangère. Pour le codirecteur de Point sud, un Etat ne peut être indépendant tant que ses fonds viennent de l’extérieur, sans la maîtrise des problèmes financiers de son pays et sans ses propres moyens de défense. Durant les quatre jours de l’atelier, les participants vont donc esquisser une réponse à des questions cruciale comme la citoyenneté, le concept d’indépendance, les défis et les perspectives de l’après-indépendance. Les participants discuteront aussi de la reconnaissance du citoyen dans l’indépendance, la culture du civisme et du patriotisme, etc.