POLITIQUE

PostHeaderIcon Elections : LE CREDIT DE L’OBSERVATION CITOYENNE

Elle permet d’éviter des contestations post-électorales. Celles-ci aboutissent souvent à des crises politiques qui peuvent dégénérer et embraser les pays

Elections : LE CREDIT DE L’OBSERVATION CITOYENNE

L’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles dans les pays du continent africain, est une exigence pour éviter des contestations postélectorales. Celles-ci aboutissent souvent à des crises politiques qui peuvent dégénérer et embraser les pays. A ce propos, l’observation citoyenne des élections participe de la crédibilité des scrutins démocratiques. Dans ce contexte, le Réseau ouest-africain pour la surveillance des élections (Roase), en collaboration avec le National democratic institut (NDI), une organisation non gouvernementale américaine, organise depuis hier à l’hôtel Laïco Amitié, un colloque sous-régional sur les approches systématiques et l’intégration de la technologie dans l’observation citoyenne des élections. La cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités territoriales, le général Kafougouna Koné, s’est déroulée en présence du conseiller chargé des Affaires politiques à l’ambassade des Etats Unis, Peter Newman, et du président du Roase, Mashood Erubami. On y notait également la présence de la représentante du siège du NDI à Washington, Uli Rodgers, du président du Réseau Ong d’appui au processus électoral au Mali (Réseau APEM), Ibrahima Sangho. Dans les jeunes démocraties, les crises postélectorales se multiplient. Les oppositions critiquent l’organisation des présidentielles, législatives et municipales. Ces contestations plongent souvent les pays dans une situation de crise politique, voire de guerre civile. Pour prévenir en amont ces crises, nos pays doivent faire l’effort de renforcer le processus électoral et de réunir toutes les conditions nécessaires pour une meilleure organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Le colloque sous-régional de Bamako crée donc un cadre de concertation et d’échange d’expériences sur le processus électoral dans les différents pays. Le Roase, dont le Réseau APEM est membre, a été officiellement lancé à Abuja en février 2011 a expliqué Ibrahima Sangho. Le colloque sous-régional intervient à un moment où les élections en Afrique de l’ouest sont au centre des préoccupations de la communauté internationale, en général et plus particulièrement des acteurs de l’observation citoyenne des élections. Plusieurs pays sont engagés dans des élections. De la réussite de ces élections, dépend la stabilité sociale et économique voire même la paix dans ces pays a-t-il indiqué. Pour le président du Roase, la rencontre de Bamako suscite l’intérêt des organisations non gouvernementales pour les élections. « Nous voulons soutenir les organisations membres du réseau et partager les expériences sur les innovations pour le triomphe de la démocratie et le renforcement des institutions », a t-il indiqué. L’organisation d’élections générales requiert l’implication de tous les acteurs du processus mais aussi des partenaires. Le NDI accompagne le renforcement du processus démocratique dans les différents pays où il intervient à travers des réseaux membres du Roase. Créé depuis 1984, le NDI est présent dans 70 pays et reçoit son financement de 35 pays. Il travaille au renforcement des institutions et à la sauvegarde de la démocratie et créé des espaces d’échanges, de dialogue où les idées peuvent naître et grandir, a souligné Uli Rodgers. Les Etats-Unis sont intéressés par le processus démocratique en Afrique, notamment la bonne organisation des élections générales. Peter Newman a rappelé que les élections constituent un tournant décisif dans la vie d’une nation et n’ont pas toujours été une quiétude pour les peuples. Une élection est une opportunité de mettre en place des institutions légitimes, a-t-il indiqué. Kafougouna Koné a assuré que la bonne organisation des élections est au centre des préoccupations des pouvoirs publics. Il a félicité le Réseau APEM qui, depuis sa création en 1996, n’a ménagé aucun effort pour participer à l’information, l’éducation, la sensibilisation et la communication électorale dans notre pays. En se fixant comme objectif l’enracinement de la démocratie par l’observation citoyenne, le Réseau APEM démontre son engagement à accompagner le gouvernement dans sa quête de gouvernance démocratique, a observé le ministre Koné. La rencontre porte sur l’état des lieux du processus électoral malien, les leçons apprises sur la participation des couches marginalisées dans le processus électoral, le panel sur l’intégration des NTIC dans les efforts de l’observation citoyenne, la réflexion sur la transition vers une méthode d’observation électorale sur les données et le déploiement stratégique et les nouveaux outils pour la gestion des données des observateurs au Liberia, entre autres.