C’est sous une pluie battante qu’ont débuté vendredi dans l’après-midi les travaux de lancement du parti « Yèlèma » (Le Changement en langue nationale bambana).
L’événement a mobilisé au palais de la Culture, des milliers de délégués, militants et sympathisants du parti venus des six communes du district de Bamako, de l’intérieur et de l’extérieur du pays. Des partis étaient représentés à la cérémonie d’ouverture des travaux, notamment le RPM et le CNID Faso-Jiriwa Ton. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que l’initiateur du parti Yèlèma, le jeune Moussa Mara, éphémère maire de la Commune IV du district de Bamako, a fait son entrée dans la salle pleine à craquer. La cérémonie a été marquée par des discours et des prestations d’artistes. Dans son intervention, le commissaire général du congrès, Abdoulaye Diarra, a rappelé le long parcours mené par la jeunesse pour arriver à la création du parti Yèlèma. "C’est la coalition jeunesse action qui est devenue le parti Yèlèma. En créant ce parti, la jeunesse a décidé d’aller sur le terrain politique pour prendre en main son destin", a-t-il expliqué. Après les mots d’encouragement des représentants des partis invités, l’honneur est revenu à l’initiateur de la nouvelle formation politique, de s’adresser à la nombreuse foule de militants et sympathisants qui avaient fait le déplacement. Le parti Yèlèma, dira Moussa Mara, est né pour réaliser le changement tant souhaité par la jeunesse du Mali. Cette jeunesse, soutient-il, est sa force, son arme de combat. "Notre parti est né pour apporter une nouvelle expérience...Nous sommes un parti de la base. C’est chacun d’entre nous qui est responsable du parti. C’est chacun d’entre nous qui contribuera à son fonctionnement", a déclaré Moussa Mara, avant de faire remarquer qu’un "parti fort est un parti poussé par le bas et non tiré par le haut". A l’issue de trois jours de travaux, un bureau exécutif central de 59 membres a été mis en place. Moussa Mara en est le président et Abdoulaye Diarra, le premier vice-président. Le plus dur à venir reste l’implantation du parti à travers le pays. Le nouveau bureau en a parfaitement conscience, c’est pourquoi il s’est donné pour mission d’implanter en six mois le parti dans les 12 000 villages que compte le pays et d’élaborer un projet de société avant le congrès constitutif prévu dans un an. "Nous disposons désormais d’une balise claire pour obtenir un projet de société dans un an et pouvoir le proposer à nos compatriotes. Un projet qui nous ressemble, ouvert, constructif, non exclusif et qui innove et dans la forme et dans le fond", a déclaré le président du parti avant de noter que Yèlèma sera bientôt présent dans le pays profond grâce aux hommes et aux femmes qui porteront ses étendards. Le parti Yèlèma nourrit beaucoup d’ambitions pour le pays. Il travaillera par exemple à réduire l’émigration et à convaincre nos compatriotes vivant à l’extérieur de venir apporter leur expertise, leurs énergies, leur intelligence dans la construction d’un "Mali prospère dans une Afrique unie". "Aucun citoyen ne fuit son pays s’il y trouve de quoi vivre dignement. Nous souhaitons travailler pour que d’ici 2030 les Maliens croient de nouveau à leur pays", a commenté Moussa Mara. La nouvelle formation politique revendique déjà une centaine de conseillers communaux à travers le pays.