mardi 21 novembre 2017

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Plan d’action de la migration issu du Sommet de La Valette : L’ASSOCIATION MALIENNE DES EXPULSES EXIGE DES ECLAIRCISSEMENTS

Lors du sommet Union-européenne/Afrique tenu les 12 et 13 novembre 2015 à La Valette (Malte) sur la problématique de la migration, plusieurs propositions ont été faites comme l’idée d’un document de voyage européen (laissez-passer européen), la conclusion des accords de réadmission pour faciliter le retour des migrants en situation irrégulière et leur réinsertion dans leurs pays d’origine.

Cependant, les pays africains présents avaient manifesté leur opposition à certaines de ces propositions, notamment celle relative au laissez-passer européen. En dépit de cette opposition, la France et la Suède n’ont pas hésité à utiliser le laissez-passer européen pour expulser les ressortissants des pays tiers, dont le nôtre qui seraient en situation irrégulière. A titre illustratif, le Mali a accueilli sur son sol deux personnes détentrices de ce document de voyage de l’Union européenne au mois d’août 2016.
L’Association malienne des expulsés (AME)  a organisé le mardi 14 février à son siège un point de presse sur la réunion des hauts fonctionnaires des Etats membres de l’UE et des Etats africains, tenue le 8 et 9 février dernier à Malte sur l’évaluation du plan d’action issu du Sommet de La Valette en novembre 2015. Les conférenciers étaient le président de l’AME, Ousmane Diarra et la chargée de plaidoyer et d’accompagnement des femmes et des enfants Mme Doumbia Souhad Touré. Dans son exposé, le président de l’AME a rappelé que l’Union européenne et les sociétés civiles européennes et africaines s’étaient retrouvées le 30 janvier dernier à Bruxelles pour discuter de l’immigration afin de trouver ensemble une solution pour la mise en oeuvre du processus de La Valette. Ousmane Diarra a ensuite révélé que le Fonds fiduciaire de l’UE (fonds de financement) d’un montant de 2 milliards d’euros est destiné aux Etats signataires des cinq points d’accords discutés à La Valette. Ces cinq points portent sur la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées; la migration légale, la mobilité, la protection et l’asile; la prévention de la migration irrégulière; le trafic des migrants et la traite des êtres humains, et enfin la réadmission et la réinsertion des migrants. C’est pourquoi la sécurité et la surveillance ont été renforcées dans les pays de transit comme la libye et l’Algérie, a souligné Ousmane Diarra. Il a, par ailleurs, indiqué que son association dénonce ouvertement la politique migratoire de l’Union européenne qui vise à contrôler les flux migratoires au niveau des frontières (atteintes aux protocoles de libre circulation de la CEDEAO). « L’Association félicite l’Egypte et le Nigéria qui ont beaucoup dénoncé la nature déséquilibrée de la mise en œuvre du plan d’action de La Valette lors de la réunion des hauts fonctionnaires des Etats membres de l’UE et des Etats africains. Elle invite les Etats africains à s’unir pour la défense des intérêts des migrants », a-t-il dit.
Le président de l’AME estime que le laissez-passer permet à l’Union européenne d’expulser un migrant vers le centre d’accueil des migrants de retour et de départ financé par l’UE et géré par l’Organisation internationale de la migration (OIM) et ses partenaires. « Ce document est plus dangereux que l’accord de réadmission », a-t-il fustigé, ajoutant que le Mali a bénéficié des projets de financement du fonds fiduciaire. « Les migrants et leurs familles nous interpellent car ils s’inquiètent de leur sort. L’AME se soucie elle aussi de l’application des conclusions du sommet de La Valette. Nous souhaiterons donc que le gouvernement édifie nos compatriotes sur le plan d’action issu du sommet de La Valette», a déclaré Ousmane Diarra. Il a également demandé à l’Etat d’œuvrer pour la sauvegarde des intérêts des Maliens de l’extérieur en ne signant aucun accord de réadmission et en s’opposant à l’utilisation des LPE par les Etats membres de l’UE.
La chargée de plaidoyer et d’accompagnement des femmes et des enfants à l’AME a évoqué les tracasseries que subissent les migrants,. A ce propos, Mme Doumbia Souhad Touré a précisé que certains membres de l’AME avaient effectué du 30 janvier au 11 février 2017 une mission d’observation de la situation des migrants à Gao, au Burkina-Faso et au Niger. «A Gao, on utilise les candidats à l’immigration comme du bétail. Au village malien de Sonna au niveau de la frontière Mali-Burkina-Faso où se trouve l’antenne d’accueil et d’orientation des migrants maliens, on a pris nos empreintes digitales, on nous a photographiés pour l’identification. Nous avons chacun payé 5.000 Fcfa pour rentrer au Burkina-Faso. Personne n’a reçu une pièce justificative de cette somme. La peine est doublée si on réclame un reçu. Alors que du coté du Burkina-Faso, on nous a fait payer 1000 à 2000 Fcfa pour rentrer chez nous au Mali», a témoigné Mme Doumbia Souhad Touré. Elle a soutenu qu’actuellement les migrants qui périssent dans le désert sont plus nombreux que ceux qui se noient dans les mers.
L’AME a reçu l’année dernière plus de 3353 Maliens expulsés de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Algérie, de Libye, d’Angola, du Gabon et de Guinée-Equatoroiale.
S. Y WAGUE

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