Le paysage bamakois réserve nombre de spectacles insolites.
Les usagers de l’arche de l’échangeur du Babemba qui ont conservé leur capacité d’indignation, doivent être estomaqués par le spectacle qui s’offre à eux en contrebas, le long de l’école du Camp Digue. En effet, les alentours de cet établissement sont transformés en dépôt d’ordures. Pour peu, l’on oublierait que l’endroit abrite un établissement scolaire et que cet établissement se trouve à un jet de pierre de la mairie de la Commune III ! De toute évidence, l’insouciance et l’incivisme sont deux comportements qui ont encore de beaux jours devant eux. Et apparemment, enseignants, élèves et autorités scolaires, tous se sont adaptés ou accommodés de la présence de ce dépôt d’ordures. Mais la nuisance de la dune de déchets, prend certains jours, une intensité terrible. Ces jours, cauchemars des occupants de l’école, surviennent quand une main invisible vient mettre le feu aux ordures. Lorsque la dune atteint un certain niveau, quelqu’un a, en effet, l’ingénieuse idée de venir incinérer le trop plein. Un épais nuage de fumée enveloppe alors l’école, obligeant enseignants et élèves à fuir les salles les plus exposées à la fumée pour éviter de mourir asphyxiés. Le plus suffoquant (si l’on ose dire) est que l’on ne sait même pas qui sont les boutefeux. Des riverains croient savoir qu’il s’agit de gens qui font la récupération des objets jetés sur le site. D’autres assurent que c’est la … mairie, elle-même. Les responsables de l’école assurent avoir interpellé à plusieurs occasions, les autorités municipales. Sans effet. Ils se sont donc résignés à attendre la bonne fée qui les débarrassera de ce voisinage malsain. Si l’odeur ne l’a pas fait fuir à tire-d’aile depuis longtemps.