Ce camion se fraie un chemin entre les fils électriques et téléphoniques tirés devant le lycée Attaher Ag Gilly de Kidal.
C’était dans la matinée du dimanche 20 mars dernier. Pour échapper à la vigilance des autorités routières et douanières, le camionneur a décidé d’entrer en ville à une heure où le contrôle est sensé être moins rigoureux. La rue n’est pas encombrée par les lycéens qui ont l’habitude de s’attrouper au flanc du mur pendant la récréation et leurs heures creuses. S’il a pu échapper au contrôle de la police et de la douane, notre poids lourd est maintenant confronté à une équation inattendue : comment passer sous les installations électriques et téléphoniques ? Nous avons ainsi suivi de près pendant une heure environ, ce camion qui se dirigeait vers le marché arabe de la ville. A chaque poteau, un apprenti au sol examine les possibilités qui s’offrent au camion pour passer. Un autre s’est installé sur la cabine du chauffeur. C’est lui qui coordonne la manœuvre entre le chauffeur, l’observateur au sol et deux assistants installés sur la cargaison. Ces derniers sont chargés de soulever, à mains nues, les fils afin de livrer passage au camion. Apparemment, ils se soucient peu (ou ignorent totalement) du courant électrique mortel qui circule dans les fils qu’ils manipulent avec une belle inconscience. Les curieux qui les regardent passer la main sous le menton, ont apparemment plus peur qu’eux. L’année dernière, un de ces camions avait renversé un poteau de la Sotelma tard dans la nuit et avait continué son chemin comme si de rien n’était. L’accident avait paralysé les services techniques de la société pendant quelques semaines.