Le lieu est sacré. Il est autant craint que respecté. L’on ne s’y rend jamais par plaisir. Il invoque systématiquement la mort. Vous l’aurez compris, il s’agit du cimetière. La perception de cet endroit où l’on enterre les morts diffère d’une culture à une autre. D’une religion à l’autre. Dans les pays occidentaux par exemple, les cimetières sont divisés en concessions, tracées au cordeau comme n’importe quel lotissement avec des rues et des allées cartographiées. Chacune de ces concessions est louée ou vendue à une personne ou à une famille, qui peut y construire une tombe ou un caveau. Certains cimetières donnent l’impression de reproduire la ville avec ses quartiers riches et ses quartiers pauvres. On les embellit. Chez nous, le cimetière et la tombe ne bénéficient pas d’autant d’attentions. Du moins pour les communautés musulmanes et animistes. Il y a juste quelques années que l’on a commencé à clôturer certains d’entre eux à Bamako. Le lieu du repos éternel est souvent envahi d’herbes et autres déchets. L’on vient y enterrer les morts pour rapidement s’en aller. Le cimetière de Hamdallaye en Commune IV de Bamako tente depuis peu de se démarquer de ces travers grâce à une regroupement baptisé Association pour l’entretien et la surveillance du cimetière de Hamdallaye. Les membres de cette association (des jeunes du quartier) ont entrepris de nettoyer régulièrement le cimetière après l’avoir débarrassé des herbes. Ce sont des bénévoles qui ont simplement décidé de se rendre utile à la société. Aujourd’hui, le cimetière est propret (comme on peut le constater sur cette photo). Ceux qui viennent y pour les enterrements ou pour se recueillir sur la tombe de leur proche apprécient. Dans une ville où les vivants se préoccupent peu de l’assainissement de leur environnement, l’initiative des jeunes de Hamdallaye est une exception. Qui n’a pas de grandes chances de faire école. Hélas !