C’est un feuilleton entamé dans notre édition du 1er avril 2009 avec déjà la photo de ce monument érigé en face du commissariat du premier arrondissement et dédié aux enfants de Soweto en Afrique du sud tués par la police de l’apartheid le 18 juin 1976.
« C’est vrai, on ne le voit pas des masses mais croyez-nous sur parole, le monument est bien là », assurait ce premier épisode qui constatait aussi que l’endroit était « complètement écrasé par le chantier de la société des courses hippiques ». La direction du PMU avait alors réagi en rappelant que son projet de construction incluait la restauration et la réinstallation du monument à son emplacement originel après les travaux. Le PMU a tenu parole et le monument a retrouvé sa place au coin des deux rues. Mais il n’est pas le seul à avoir réaménagé : comme si de rien n’était, des squatteurs l’ont raccompagné, grossis apparemment de « businessmen » du turf qui ont perdu leur carré de trottoir sur la façade principale du siège du PMU. C’est donc la cohue devant une œuvre sensée perpétuer la mémoire des enfants de Soweto en particulier et veiller sur l’enfance en général. Avec les petites tables et les présentoirs, les activités des occupants du lieu ne font aucun doute et n’ont qu’un très, très lointain rapport avec la vocation du site. Le monument a, en définitive, tout récupéré : ses couleurs, son emplacement et son … invisibilité. Il entend aussi pas mal d’expressions nouvelles pour lui parmi lesquelles l’une revient souvent : « favori caché ». « Favori », il se demande bien ce que c’est. Par contre « caché », il ne connaît que ça. (Photo H. Kouyaté)