mardi 21 novembre 2017

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Paix et sécurité en Afrique : LE FORUM DE DAKAR PLANCHE SUR LES DEFIS ET SOLUTIONS

Invité à prendre la parole à la tribune de cet important rendez-vous africain, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a expliqué en détails l’insécurité ambiante à laquelle le Mali doit faire face, tout en assurant que les terroristes ne réussiront pas à freiner le développement du pays

« Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées », tel est le thème de la 4è édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique dont les travaux se sont ouverts hier au Centre international de conférences Abdou Diouf, en présence de trois chefs d’Etat : Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Paul Kagamé du Rwanda et Macky Sall du Sénégal. Il y avait également le Premier ministre du Tchad, Albert Pahimi Padacké, le ministre français des Armées, Florence Parly et le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.
Ce sont plus de 400 invités qui sont présents cette année dans la capitale sénégalaise. Parmi eux figurent des autorités politiques et militaires, des experts et universitaires, des diplomates, des représentants d’organisations internationales, de la société civile et du secteur privé. Pendant deux jours, ces acteurs régionaux et internationaux vont débattre en plénières et en ateliers plusieurs sous-thèmes comme « Terrorisme : nécessité de réponses intégrées », « Continuum défense et sécurité : pour une approche intégrée », « Résilience et Etat de droit face au terrorisme et à l’extrémisme violent », « Lutte contre le financement du terrorisme », « Sécurité et sûreté maritime en Afrique: enjeux internationaux ».
Ces différentes réflexions doivent aboutir à l’élaboration de concepts et stratégies en vue de relever les nombreux défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée, en premier lieu la menace terroriste.

DISCOURS POIGNANT. La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs discours dont le plus attendu était certainement celui du président Ibrahim Boubacar Kéita en raison du fait que notre pays fait face actuellement à une insécurité ambiante caractérisée par des attaques terroristes quasi quotidiennes qui n’épargnent ni les civils, ni les militaires.
« Le terrorisme a pour vocation de nous faire peur mais nous ne céderons pas », a martelé le président de la République sous les ovations de l’assistance. Considérant que la sécurité et le développement sont intimement liés, le chef de l’Etat déclarera que les terroristes sont en train de tout faire pour saboter les actions de développement initiées par les autorités. A ce propos, il a évoqué l’attaque de la société chargée de la construction de la route Gomacoura-Tombouctou, attaque au cours de laquelle les terroristes ont brûlé 21 camions, stoppant net les travaux de construction.
Le président Kéita a aussi parlé de la construction du barrage de Taoussa qui a, en effet, une triple vocation pour le Mali : la production d’énergie, l’agriculture et la création d’emplois pour les jeunes des Régions du nord.
« Le barrage de Taoussa est vital pour le développement du Nord et pour la paix au Mali », a indiqué le président de la République avant de lancer un message clair aux terroristes : « Ils veulent nous empêcher d’avancer mais nous avancerons ». Pour le président IBK, le Mali avancera car il bénéficie de la solidarité internationale sans faille depuis 2013 avec l’intervention de la France pour stopper « les huns » qui prétendaient « nous islamiser ».
Par ailleurs, le président Kéita a dit sa fierté d’équiper l’armée malienne en la dotant de moyens aériens pour assurer sa mission de défense du territoire national. Il a aussi souligné qu’un seul pays ne peut pas faire face à la menace terroriste. C’est pourquoi le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Tchad, ont décidé de mutualiser leurs moyens en mettant en place le G5 Sahel, dont la force conjointe a aujourd’hui commencé ses opérations. Enfin, le chef de l’Etat a évoqué l’émigration irrégulière en précisant que ce phénomène peut être jugulé par le co-développement.
Dans son intervention, le président sénégalais a salué « le discours poignant du président Ibrahim Boubacar Kéita » sur la situation sécuritaire de son pays. Il l’a aussi salué pour ce qu’il fait pour la réconciliation nationale et pour que le G5 Sahel puisse atteindre ses objectifs.
Evoquant le thème central de la 4è édition du Forum international de Dakar, Macky Sall estime que les défis sécuritaires sont aujourd’hui nombreux et complexes. Selon lui, le premier défi à relever est de riposter militairement sur le terrain contre le terrorisme. « Cette riposte qui est inévitable doit être solidaire et globale car nous ne devons pas laisser un seul sanctuaire aux terroristes », a-t-il déclaré, ajoutant que nos forces armées doivent être suffisamment équipées pour la réussite de cette mission. Le deuxième défi à relever, selon le chef de l’Etat sénégalais, est de renforcer les échanges de renseignement entre les Etats. « Si ce défi n’est pas relevé, la bataille contre le terrorisme est perdue d’avance », a-t-il dit. Le président Sall notera que le défi à relever est de ne pas tourner le dos à « l’Etat failli » qui offre un sanctuaire de rêve pour les terrorismes et autres organisations criminelles comme les trafiquants d’êtres humains.
Le dernier défi à relever, a-t-il dit, est de réaliser le développement inclusif dans nos pays en mettant l’accent sur l’éducation, la formation, l’emploi. Selon le président du Sénégal, la pauvreté et l’ignorance sont sources de frustrations et d’injustice sociale qui peuvent emmener le chaos dans nos Etats. A ce propos, Macky Sall a cité les grands projets de développement que l’Etat sénégalais est en train de mettre en œuvre pour soulager la souffrance des populations.
Le ministre français des Armées a souligné l’utilité du Forum de Dakar qui est devenu d’année en année un rendez-vous très important pour débattre des « problèmes africains » par les Africains en vue de trouver des solutions durables. Florence Parly a assuré que son pays n’a aucune intention d’abandonner ses partenaires africains. « Nous allons continuer à œuvrer pour la paix et la sécurité en Afrique », a-t-elle déclaré, ajoutant que la lutte contre le terrorisme passe par le développement et la bonne gouvernance.

POUR LA CREATION DE PARTENARIATS STRATEGIQUES. Un point de vue partagé par le Premier ministre tchadien qui a précisé que la paix et la sécurité sont des conditions sine qua non pour que nos Etats puissent se développer. Albert Pahimi Padacké a rappelé les efforts que son pays est en en train de faire pour lutter contre le terrorisme à l’intérieur et dans d’autres pays africains en proie aux assauts des obscurantistes.
Il a appelé à la création de partenariats stratégiques pour venir à bout de ce fléau. A ce propos, M. Padacké s’est réjoui de la création de la Force multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du Tchad et de la Force conjointe du G5 Sahel. Face à la montée en puissance du terrorisme sur le continent, le Premier ministre tchadien estime que l’engagement de l’Afrique ne doit plus rester théorique pour apporter une réponse conséquente.
La cérémonie d’ouverture a été suivie par le panel des chefs d’Etat au cours duquel le président Ibrahim Boubacar Kéita a longuement expliqué le processus de paix au Mali avec la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. A ce sujet, le chef de l’Etat a parlé du retour du gouverneur à Kidal et de la mise en place des Autorités intérimaires de cette région. Toutes ces bonnes actions sont la preuve que les Maliens sont déterminés à faire la paix, a-t-il ajouté.
Le président Kéita a aussi évoqué le G5 Sahel dont il est le président en exercice. Il a mis l’accent de la Force conjointe du G5 Sahel dont l’opérationnalisation nécessite un financement de 300 millions d’euros alors que ce sont seulement 120 millions d’euros qui ont été mobilisés avec une contribution de l’Union européenne et des Etats-Unis d’Amérique.
Après la cérémonie d’ouverture, le président Ibrahim Boubacar Kéita a reçu en audience le ministre français des Armées, Florence Party. Les deux personnalités ont évoqué la coopération bilatérale et surtout la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Envoyé spécial
Madiba Keïta

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