vendredi 19 janvier 2018

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Nigeria: le business des « faiseurs de miracles » contre le sida

Une campagne d’affichage contre le sida au Nigéria

Blessing a voulu y croire. Au-delà du bon sens, parce que c’était son « dernier espoir ». En voyant une annonce sur Facebook qui promettait de la guérir du sida, elle a cliqué. Et bien failli se laisser avoir.

C’était il y a quelques mois. Cette Nigériane de 30 ans – son prénom a été changé – crée alors un faux profil sur le réseau social, et prend contact avec ce « guérisseur traditionnel » très bien connecté aux nouvelles technologies.

Pour 100.000 nairas (232 euros), on lui propose une potion à base de plantes qui éradiquera « à 100% » la maladie. La jeune femme hésite, demande à rencontrer en personne son bienfaiteur. Avant de se heurter à une réponse claire: il lui envoie son numéro de compte bancaire.

« Il n’a parlé que d’argent, alors j’ai laissé tomber… », raconte-elle à l’AFP d’une voix douce. « Mais j’étais prête à essayer. Il y avait tellement de commentaires qui disaient que ça avait marché ».

Grâce à son traitement anti-rétroviral – gratuit au Nigeria -, Blessing a pu terminer ses études de sociologie à Abuja, se sent plutôt « à l’aise » au quotidien et fait « des affaires ». Le plus insupportable pour elle est la certitude de ne pas pouvoir trouver de petit-ami.

« J’étais désespérée. Toutes les relations que j’ai voulu avoir ont été compliquées », raconte-t-elle à l’AFP, avant de lâcher: « je sais qu’il faut que j’apprenne à vivre avec le virus ».

Au-delà des pièges d’Internet, le désespoir et la stigmatisation qui accablent les séropositifs en font des cibles de choix pour les « faiseurs de miracles » en tous genres dans ce pays très croyant de 180 millions d’habitants.

Pas un mois ne passe au Nigeria sans qu’un pasteur annonce avoir « sauvé » un fidèle. A Lagos, les malades affluent de tout le continent dans des églises évangéliques aussi imposantes que des centres commerciaux, attirés par les promesses de prédicateurs sans scrupules.

L’un des plus connus – et des plus controversés – est TB Joshua, à la tête de la Synagogue Church of All Nations (Scoan) et d’une fortune estimée à plusieurs millions d’euros, qui se targue d’avoir guéri des malades du sida et même « ressuscité » des morts.

Son site internet est plein de témoignages rapportant les supposées prouesses du « prophète », comme celui-ci: Un certain « Ubon (…) a été guéri du VIH/sida grâce une prière », preuve qu' »aucune maladie ne peut échapper au pouvoir de guérison de Jésus-Christ ».

AFP

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