mercredi 22 novembre 2017

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Musique: FILENTRE LE REGGAEMAN FRANÇAIS CHOISI BAMAKO POUR LE TOURNAGE DE DEUX CLIPS

Il évoque la question des migrants qui quittent l’Afrique pour tenter
d’atteindre l’Europe au péril de leurs vies

De retour avec un album dénonçant les aléas de la migration cet artiste français décide de réaliser le clip de son deuxième album à Bamako avec la participation de Tiken Jah Fakoly et le groupe Bamako Rootzs

Au-delà des brouhahas, des embouteillages et des activités quotidiennes, Bamako « la ville des trois caïmans » est un véritable carrefour culturel. Malgré l’insécurité qui perturbe le pays, « Bamada city » comme disent les bamakois, reste bondée d’activités recréatrices, et culturelles. Les tournages de films ou de clips sont des exemple éloquents.
C’est une véritable plateforme de tournage digne des grandes productions que le reggae-man français Filentre, de son vrai nom Phillipe Moreau, et son équipe ont installé dans le quartier populaire de Bakaribougou en Commune II de Bamako. Cameraman, ingénieur de son, éclaireur, maquilleuse, dressing et loge tout un arsenal commandé par un staff qui veille au bon déroulement du tournage. Son morceau Inouwali éponyme de son album est un message de remerciement une déclaration d’amour à l’Afrique. Un morceau dont le clip est un condensé de portraits de femmes et hommes africains, pour diffuser la beauté du continent noir. Un autre titre de l’album, « La marche » appelle le peuple africain à reprendre les reines de son droit et son destin.
Un tournage mouvementé qui a suscité la curiosité des habitants du secteur et des passants. Enfants, jeunes et vieillards tous attirés par le son de la musique et enthousiastes à la vue des vedettes et figurants en action. Des claps, des reprises successives afin de trouver le meilleur des scènes du clip. Presque toute une journée de tournage. Et si tout cela a été possible grâce à l’apport de la Mairie de Bakaribougou et un cordon de sécurité, afin de faciliter le travail de l’équipe.
C’est dans cette ambiance mouvementée que nous avons rencontré ce reggae man engagé. Comme d’autres artistes étrangers, il est tombé sous le charme du Mali qu’il a découvert en 2013 lors d’une tournée africaine. Il revient dans ce pays qui lui a beaucoup donné pour le tournage de son deuxième album appelé  « Inouwali ». Ce titre veut dire « merci » en dialecte « Soussou » de la Guinée.
Son autre pays d’adoption. De concert avec son réalisateur Sami Jalal, ils ont choisi le fleuve Niger pour le tournage d’un second clip du même album. Un décor constitué de piroguiers, pêcheurs et de femmes dans leurs activités quotidiennes qui ont fasciné le rasta man. Sensible aux maux dont souffre le monde et particulièrement l’Afrique, le jeune artiste a choisi la musique reggae pour mieux les dénoncer.
« Les thématiques que j’aborde dans ce deuxième album sont d’actualité », indique-t-il. Il évoque la question des migrants qui quittent l’Afrique pour tenter d’atteindre l’Europe au péril de leurs vies. Une manière pour lui de rendre hommage à toutes ces vies perdues en mer et d’appeler les français à prendre connaissance de la situation africaine. Quant aux africains, poursuit notre interlocuteur, ils doivent tout faire pour acquérir leur indépendance économique. Il espère que cet album permettra de sensibiliser le maximum de personnes pour qu’enfin les lignes bougent.
Mais il faut rappeler que le jeune artiste a découvert l’Afrique à travers la Guinée Conakry en 2012 par le biais d’un groupe célèbre de chanteurs guinéens, les « Banlieuzards ».
Cette rencontre avait permis de produire, pour la première fois, lors du festival dénommé « Manifeste » en Guinée.
C’était devant une foule compacte de plus de 20 mille personnes. « C’était comme un coup de foudre », déclare le jeune artiste français, et voilà le début d’une histoire d’amour entre Filentre et l’Afrique. Il entamera ensuite une tournée qui le conduira au Sénégal, en Guinée, puis au Mali. Dans ce dernier pays il sera accueilli par le Mouvement des rastas du Mali « MOURASMA ».
Ses frères rastas du Mali lui ont réservé un accueil très chaleureux au point de lui donner l’envie de revenir.
Et par la même occasion il rencontra l’un des plus célèbres reggae – man du continent qu’est Tiken Jah Fakoly. Ce dernier a collaboré à l’enregistrement de ce 2e album. Il a également fait la connaissance du groupe de reggae Bamako Roots. Issu d’une famille de musiciens, Filentre se lance dans la musique très jeune, en autodidacte, et choisit la guitare comme instrument de prédilection. A 10 ans, il compose ses premières chansons et fait ses premières armes au chant.
C’est vers l’âge de 12 ans que Philippe écoute pour la première fois un artiste dont l’influence ne le quittera plus jamais : Bob Marley. A partir de cet instant, Philippe se met à écrire des textes engagés, inspirés par ses nombreux voyages à l’étranger, et il travaille son skunk (la pompe) à la guitare.
Quelques années plus tard il monte son premier groupe dans un style acoustique proche de « Tryo ». A 18 ans, il rejoint SIR.C, un collectif « hip hop » de Montpellier, et officie sous le pseudonyme MC Filentre. Il se démarque par sa capacité à délivrer un flow reggae chanté, rapide et percutant, faisant de lui le véritable mélodiste du groupe. Dans la même période, Filentre réalise ses premières démos full Reggae, qu’il partage encore de manière confidentielle. Trois ans plus tard, sur les conseils de ses proches et des différents artistes qu’il a rencontrés tout au long de sa jeune carrière, il lance son projet solo, sous le nom de Filentre.
Son charisme naturel ainsi que ses qualités d’auteur-compositeur lui permettent de s’entourer rapidement de musiciens talentueux, ce qui donne une nouvelle dimension au projet.
En 2011, Filentre réalise son premier album en auto production, intitulé « Positif », référence à l’état d’esprit qui le caractérise ainsi qu’à la couleur de sa musique.
Ce premier album reçoit un excellent accueil et fait de Filentre nouvel espoir du reggae en France. Filentre peut enfin délivrer son reggae sur les scènes de France, de Martinique et d’Afrique, et sa présence scénique exceptionnelle lui permet de se construire un public toujours plus large. L’Afrique a su conquérir le cœur du mélomane.

Kadiatou
SOUMAORO

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