Manifestation à Bamako : L’OPPOSITION EXIGE DES ÉLECTIONS TRANSPARENTES ET UN ACCÈS ÉQUITABLE AUX MÉDIAS D’ÉTAT

Un aperçu des dirigeants de l’opposition au milieu de la foule

Plusieurs milliers de manifestants ont battu le pavé à Bamako, vendredi dernier, à l’appel de la Coalition pour l’alternance et le changement, pour réclamer la «transparence» lors de la prochaine élection présidentielle et un «égal accès aux médias». Cette marche intervient une semaine après une première tentative ratée.
Non autorisée, celle-ci avait été réprimée par les forces de l’ordre qui avaient usé de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser les manifestants. Cette fois-ci, après une réunion entre la classe politique (majorité et opposition) et le Premier ministre, jeudi dernier à la Primature en présence du chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif et du Haut représentant de l’Union afriicane pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya, la marche de la Coalition a été autorisée par le gouverneur du District.
Vendredi, très tôt le matin, une marée de manifestants avait investi la Place de la Liberté. Mais il a fallu attendre 9 heures 10 minutes pour que les marcheurs se mettent en mouvement.
Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition, Tiébilé Dramé du PARENA, Amadou Thiam de l’ADP-Maliba, Mohamed Ali Bathily du Mouvement Appel du Mali et bien d’autres leadeurs de l’opposition et de la société civile ont cheminé sur quelques kilomètres, au son des vuvuzelas, jusqu’à la Bourse du travail, en passant par la Place OMVS et le Monument de l’Indépendance.
Les pancartes et banderoles des manifestants affichaient des slogans comme: «Libérez l’ORTM», «Non à la fraude !», «Non à la mascarade électorale», «Mêmes droits pour tous à la radio et à la télévision nationale»… Des drapeaux aux couleurs nationales faisaient également partie du décor de cette marche encadrée par un impressionnant dispositif sécuritaire.
Aucun incident n’a été enregistré. «Nous avons montré que nous pouvons marcher pacifiquement et sans violence», a déclaré Soumaïla Cissé, tout en soulignant que «l’opposition malienne est une opposition responsable qui fait des revendications responsables et justes».
Pour lui, les jeunes maliens sont sortis pour «dire qu’ils ont soif de liberté, de démocratie… Mais aussi pour dénoncer la gouvernance actuelle».
«Quand on parle d’élections transparentes et crédibles, ça commence aussi par l’égal accès aux médias d’Etat», a soutenu l’honorable Amadou Thiam de l’ADP-Maliba. Cette grande mobilisation démontre, selon lui, que «le peuple est plus que prêt pour que les élections en vue se passent dans les meilleures conditions de transparence, d’inclusivité…». Les marcheurs sont arrivés sur l’esplanade de la Bourse du travail aux environs de 10 heures. Sur place, l’hymne national du Mali a été chanté en chœur par une foule tout excitée, puis suivront les mots de remerciement du chef de file de l’opposition et d’autres leadeurs dont Tiébilé Dramé et l’activiste Mohamed Youssouf Bathily dit «Ras Bath».
Issa DEMBÉLÉ
 
UN ENCADREMENT SÉCURITAIRE SANS FAILLE
Les forces de l’ordre ont fait preuve de professionnalisme lors de la marche de l’opposition du vendredi dernier. Elles ont assuré pleinement leur rôle de garant de la sécurité à travers le déploiement d’un impressionnant dispositif composé de détachements de la Gendarmerie (Groupement d’intervention de la Gendarmerie mobile, GIGM), de la Police nationale (Groupement mobile d’intervention, GMS) et la Garde nationale. D’autres, en tenue civile, étaient au compte des services de renseignement. Il y avait aussi des agents de la protection civile prêts à intervenir en cas de besoin.
Du Rond-point Place de la liberté en passant par le monument de l’indépendance jusqu’à la Bourse du travail, les forces de l’ordre encadraient la marche avec des mesures renforcées. Les éléments progressaient avec les marcheurs dans une discipline implacable. La sécurité était accrue devant la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), tout comme devant la Mairie du District. Elle l’était aussi aux abords de la Bourse du travail.
Contrairement à la précédente marche, tout s’est passé comme prévu. Autant la discipline des marcheurs est à saluer, autant le professionnalisme des forces de l’ordre est à encourager. Les différents leaders de la manifestation ont, eux aussi, renforcé la sécurité autour d’eux par les éléments des services privés. Au bout du compte, la marche s’est terminée sans heurts ni incidents.
Aboubacar TRAORÉ

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