mardi 23 mai 2017

Les moments forts du grand débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Le traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours de la présidentielle française s’est tenu ce mercredi 3 mai, à Paris. Sommés de convaincre les indécis et les abstentionnistes pour remporter l’élection de dimanche, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont livré un duel féroce, voire violent. Retour sur les moments forts d’un débat haut en couleur.

La confrontation tant attendue a bien eu lieu. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés durant un peu plus de 2h30 lors du débat de l’entre-deux-tours, apothéose médiatique d’une campagne longue de plusieurs mois. Battue au premier tour et toujours distancée dans les intentions de vote pour le second, Marine Le Pen s’est, comme attendu, montrée très offensive dès l’entame du débat.

Elle s’est employée à faire d’Emmanuel Macron, « l’enfant chéri du système et des élites ». « M. Macron est la candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, la guerre de tous contre tous », a-t-elle lâché d’entrée. « Votre stratégie c’est simplement de dire des mensonges, mais vous ne proposez rien », a alors répondu Emmanuel Macron, sur la défensive.

Le débat a vite tourné en un échange violent entre les deux candidats. Les interventions de la candidate FN ont souvent tourné au réquisitoire sur les grands dossiers industriels comme sur la politique économique et sociale. « Vous êtes la France qui se soumet aux exigences de l’Union européenne, à la concurrence internationale déloyale (…), vous n’avez pas d’esprit national, vous ne pensez pas à l’intérêt supérieur de la nation », a-t-elle lancé.

L’épisode emblématique de l’entre-deux-tours, la visite à l’usine Whirlpool d’Amiens le 26 avril, a été l’objet d’une nouvelle passe d’armes. Le candidat d’En Marche ! a accusé son adversaire d’y avoir « profité de la détresse des gens ». « Je ne vais pas me planquer » dans une rencontre avec l’intersyndicale, a répondu Mme Le Pen. « Je suis la candidate du pouvoir d’achat, vous êtes le candidat du pouvoir d’acheter… acheter la France », a conclu la candidate du FN.

Marine Le Pen à Macron : « vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamiste »

Le débat s’est ensuite tourné sur la sécurité et le terrorisme. Il faut « retrouver nos frontières, expulser les fichés S étrangers de notre territoire, mettre en œuvre la déchéance de nationalité », a énuméré Marine Le Pen, avant d’accuser le centriste pro-européen d’avoir une « complaisance pour le terrorisme islamique ».

Le candidat d’En Marche ! s’est défendu en assurant que la menace terroriste était sa « priorité ». « En tant que chef des armées, en tant que responsable de la sécurité, je serai intraitable et je mènerai la lutte sur tous les plans contre le terrorisme islamiste. Mais ce qu’ils attendent, le piège qu’ils nous tendent, c’est celui que vous portez, c’est la guerre civile », a répondu Emmanuel Macron.

Deux projets antagonistes sur l’Europe

Interrogée sur sa vision de l’Europe, Marine Le Pen a appelé à ce que l’Union européenne laisse sa place « à l’alliance européenne des nations libres et souveraines, c’est-à-dire la vision première de l’Europe où les différents peuples européens conserveront leur souveraineté. » « Je souhaite entrer en négociations pour faire naître cette alliance européenne, organiser une conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Après les négociations je ferai un référendum constitutionnel que je soumettrai aux Français, a-t-elle promis. Je veux arracher l’Europe des mains de l’Union européenne. »

RFI

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