« LE RÊVE NON REALISE », PREMIERE MONOGRAPHIE DE SALIF TRAORE

La Couverture du livre

La Couverture du livre

L’artiste est convaincu qu’aucun jeune n’a besoin de quitter son pays pour réussir dans la vie

D’après la légende, les Diabaté seraient à l’origine des Traoré. Cette légende raconte l’histoire de deux frères qui étaient partis à la chasse, voulant abattre le buffle que personne jusqu’ici n’avait réussi à vaincre. Lorsqu’ils tombèrent enfin nez à nez avec le buffle, l’aîné prit peur et s’enfuit, laissant son cadet l’affronter. L’aîné, honteux, entreprit de flatter ce frère qui n’avait pas hésité à verser son sang (en bambara, le sang se dit djeli), afin qu’il ne révèle à personne sa faiblesse. Le cadet charmé par la voix de son frère lui dit :  » N dogo, i kan diya kojugu, i jébaga tè  » et que nous pouvons traduire de la façon suivante:  » Mon frère, ta voix est si envoûtante que personne ne peut te résister « . Ce sont ces quelques mots,  » i jébaga tè « , qui donneront par la suite le nom Diabaté. Ces deux frères mandéka essaiment à travers une grande partie de l’ouest africain. Selon «l’Epopée, histoire, societé : Le Cas de Soundjata, Mali et Guinée» des livres de Johannes Antonius Maria Mansue Jansen, parus chez Karthala, on en retrouve en Gambie, au Sénégal sous l’appelation de Jobarteh, et en Guinée Conakry avec Dioubaté. Quand le cadet eut tué le buffle, Dan Mansa Wulani composa aussitôt un chant épique au libérateur. Devant la beauté de son chant, le cadet s’écria en Malinké : « Koro toun Baké Djeli A Dian Ba Ga Té ! » c’est -à-dire : “Frère, si tu étais griot, personne ne pourrait rien te refuser ! L’expression “Dian Ba Ga Té” se déforma avec le temps (et s’abrégea) en “Dia – Ba – Té”. À la mort de Dan Mansa Wulani, une partie de sa descendance choisit la vocation des griots et conserva le patronyme clanique de “Diabaté”. Depuis lors, les Diabaté entretiennent une parenté de connivence avec les Traoré ; autrement dit, ils sont “parents à plaisanterie”. Les Diabaté de Sikasso sont des senoufos dont certains cultivent la terre d’autres pratiquent uniquement le métier de forgeron. Ces derniers réfutent l’héritage du griot. C’est ainsi que l’on retrouve dans des villages les Diabatés sur la même échelle sociale que les Berthé, Diourté, Sanogo ou autres Traoré. Le cas de S. Diabaté, autochtone du village de N’goloklola et qui « est Senoufo de père et de mère » selon sa propre expression. Notre interlocuteur affirme qu’il est issu d’une famille qui assuré durant de longues décennies la garde du fétiche collectif. Tout au long de l’histoire sa famille s’enorgueillit d’interdire tout mariage avec les griots et autres représentants de familles caste. Car tout enfant né de cette union ne pouvait être initié aux fétiches. Les hommes libres appelés « Horon » était classés en trois catégories à savoir les Horons «tô ni kotigui» qui étaient des guerriers et qu’on pourait appeler les « nobles ». La deuxième classe était les horons « Klo bilé » dont l’ascendance n’a jamais connu l’esclavage. Ils étaient aussi des guerriers, en cas de victoire ils regagnaient la première classe mais en cas de défaite devenaient des esclaves. Quant à la troisième classe elle était celle des « Niamakala ». Ils ne pouvaient être ni tués ni réduits à l’esclavage à cause de leur utilité. Ils étaient les forgerons, les cordonniers, les garankés … Pour le rôle spécifique des griots, ils s’occupaient de la généalogie, raconte le Dr Mamadou Fanta Simaga, chercheur. Le Dr Simaga met en garde contre la confusion dans l’usage de deux termes comme on le voit assez souvent de nos jours. Dans la plupart de nos empires et royaumes, il y avait des guerriers qui s’illustraient vaillamment pendant les combats. Ces derniers, appelé aussi « Djéli » qui veut dire le (sang) ont payé le prix de leur sang. Quant au mariage entre les Horons et les Niamakala, le Dr Simaga donne l’exemple de Soudjata Keïta qui avait neuf (9) épouses dont la préférée et confidente s’appelait Nakani Kanté, une forgeron. Babemba Traoré de Sikasso a construit un palais pour sa femme Fanta Diabaté. il ajoute même qu’ « il n’ya ni Niamakala ni noble nous sommes tous même père, même mère » Il n’y a aucun nom de famille uniquement constitué de nobles. Selon les localités les noms de famille changent de classe, pour cela il y’a des Coulibaly forgeron dans le Bélédougou, le Baninko et le Djitoumou, et chez les Bobos les Dembélé sont griots ainsi de suite. D’après certains récits l’Empire du Ghana aurait été crée par les Cissé, qui seraient des forgerons. De même que la fille qui a été sacrifié au pithon à Ouagadou était une « Diaouné » qui est un nom de famille de la troisième catégorie de Horons. Il finit par une citation de George Guillard : « fade est le riz sans sauce, ennuyeux un récit épique sans mensonge et invivable une société sans griot ».

Bintou DIABATE

Les Diabaté : Il était une fois, deux frères traoré …

Ils sont connus comme étant les représentants de l’une des plus grandes familles de griots de notre pays

D’après la légende, les Diabaté seraient à l’origine des Traoré. Cette légende raconte l’histoire de deux frères qui étaient partis à la chasse, voulant abattre le buffle que personne jusqu’ici n’avait réussi à vaincre. Lorsqu’ils tombèrent enfin nez à nez avec le buffle, l’aîné prit peur et s’enfuit, laissant son cadet l’affronter. L’aîné, honteux, entreprit de flatter ce frère qui n’avait pas hésité à verser son sang (en bambara, le sang se dit djeli), afin qu’il ne révèle à personne sa faiblesse. Le cadet charmé par la voix de son frère lui dit :  » N dogo, i kan diya kojugu, i jébaga tè  » et que nous pouvons traduire de la façon suivante:  » Mon frère, ta voix est si envoûtante que personne ne peut te résister « . Ce sont ces quelques mots,  » i jébaga tè « , qui donneront par la suite le nom Diabaté. Ces deux frères mandéka essaiment à travers une grande partie de l’ouest africain. Selon «l’Epopée, histoire, societé : Le Cas de Soundjata, Mali et Guinée» des livres de Johannes Antonius Maria Mansue Jansen, parus chez Karthala, on en retrouve en Gambie, au Sénégal sous l’appelation de Jobarteh, et en Guinée Conakry avec Dioubaté. Quand le cadet eut tué le buffle, Dan Mansa Wulani composa aussitôt un chant épique au libérateur. Devant la beauté de son chant, le cadet s’écria en Malinké : « Koro toun Baké Djeli A Dian Ba Ga Té ! » c’est -à-dire : “Frère, si tu étais griot, personne ne pourrait rien te refuser ! L’expression “Dian Ba Ga Té” se déforma avec le temps (et s’abrégea) en “Dia – Ba – Té”. À la mort de Dan Mansa Wulani, une partie de sa descendance choisit la vocation des griots et conserva le patronyme clanique de “Diabaté”. Depuis lors, les Diabaté entretiennent une parenté de connivence avec les Traoré ; autrement dit, ils sont “parents à plaisanterie”. Les Diabaté de Sikasso sont des senoufos dont certains cultivent la terre d’autres pratiquent uniquement le métier de forgeron. Ces derniers réfutent l’héritage du griot. C’est ainsi que l’on retrouve dans des villages les Diabatés sur la même échelle sociale que les Berthé, Diourté, Sanogo ou autres Traoré. Le cas de S. Diabaté, autochtone du village de N’goloklola et qui « est Senoufo de père et de mère » selon sa propre expression. Notre interlocuteur affirme qu’il est issu d’une famille qui assuré durant de longues décennies la garde du fétiche collectif. Tout au long de l’histoire sa famille s’enorgueillit d’interdire tout mariage avec les griots et autres représentants de familles caste. Car tout enfant né de cette union ne pouvait être initié aux fétiches. Les hommes libres appelés « Horon » était classés en trois catégories à savoir les Horons «tô ni kotigui» qui étaient des guerriers et qu’on pourait appeler les « nobles ». La deuxième classe était les horons « Klo bilé » dont l’ascendance n’a jamais connu l’esclavage. Ils étaient aussi des guerriers, en cas de victoire ils regagnaient la première classe mais en cas de défaite devenaient des esclaves. Quant à la troisième classe elle était celle des « Niamakala ». Ils ne pouvaient être ni tués ni réduits à l’esclavage à cause de leur utilité. Ils étaient les forgerons, les cordonniers, les garankés … Pour le rôle spécifique des griots, ils s’occupaient de la généalogie, raconte le Dr Mamadou Fanta Simaga, chercheur. Le Dr Simaga met en garde contre la confusion dans l’usage de deux termes comme on le voit assez souvent de nos jours. Dans la plupart de nos empires et royaumes, il y avait des guerriers qui s’illustraient vaillamment pendant les combats. Ces derniers, appelé aussi « Djéli » qui veut dire le (sang) ont payé le prix de leur sang. Quant au mariage entre les Horons et les Niamakala, le Dr Simaga donne l’exemple de Soudjata Keïta qui avait neuf (9) épouses dont la préférée et confidente s’appelait Nakani Kanté, une forgeron. Babemba Traoré de Sikasso a construit un palais pour sa femme Fanta Diabaté. il ajoute même qu’ « il n’ya ni Niamakala ni noble nous sommes tous même père, même mère » Il n’y a aucun nom de famille uniquement constitué de nobles. Selon les localités les noms de famille changent de classe, pour cela il y’a des Coulibaly forgeron dans le Bélédougou, le Baninko et le Djitoumou, et chez les Bobos les Dembélé sont griots ainsi de suite. D’après certains récits l’Empire du Ghana aurait été crée par les Cissé, qui seraient des forgerons. De même que la fille qui a été sacrifié au pithon à Ouagadou était une « Diaouné » qui est un nom de famille de la troisième catégorie de Horons. Il finit par une citation de George Guillard : « fade est le riz sans sauce, ennuyeux un récit épique sans mensonge et invivable une société sans griot ».

Bintou DIABATE

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