mardi 12 décembre 2017

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Le Premier ministre à Bruxelles : DES PRÉOCCUPATIONS PARTAGÉES

Le Premier ministre a eu une série de séances de travail avec les hauts responsables européens

Au premier jour de sa visite à Bruxelles, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga, a rencontré plusieurs hauts responsables européens au nombre desquels, le président du Parlement européen, Tajani Antonio, la Haute Représentante (chef de la diplomatie)  et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, le Commissaire au Développement et à la Coopération internationale, Neven Mimica, et l’ancien Commissaire européen au développement, Louis Michel.
«Nous soutenons les efforts du G5 Sahel, la lutte contre le terrorisme est une priorité pour l’Europe tout comme la lutte contre l’immigration illégale qui est aussi un problème pour les pays africains. Il y a également le problème du chômage des jeunes.  En somme, les problèmes de développement de l’Afrique», a énuméré Tajani Antonio,  au terme de la séance de travail avec  le Premier ministre.
Selon lui, l’Europe et le Mali ont la même vision de la lutte contre le terrorisme et sont prêts à collaborer main dans la main et à travailler pour le processus de paix. «Je pense que c’est une rencontre absolument positive. Nous avons bien discuté, et ensemble on va aller de l’avant. Il y aura une délégation malienne qui va arriver chez nous. On va continuer à travailler pour la stabilisation du Mali et le développement d’une politique européenne en Afrique», a-t-il poursuivi, ajoutant que le Mali est un pays stratégique.
D’après lui, l’Europe peut faire plus, économiquement pour soutenir le Mali.  C’est la raison pour laquelle il est pour une stratégie européenne en faveur de l’Afrique. «Il y a une stratégie nationale, une stratégie pour soutenir le G5 Sahel. Je pense qu’il faut, dans le prochain budget, avoir des priorités et l’Afrique est une de celles-ci pour l’Union européenne dans son prochain budget», a révélé le parlementaire européen. Les échanges ont aussi porté sur le «Plan Marshall» pour l’Afrique dans lequel l’Europe doit s’engager beaucoup plus. «Nous serons  au sommet d’Abidjan. J’ai invité aussi une délégation malienne à l’évènement du 22 novembre que nous organisons ici pour préparer le sommet d’Abidjan», a encore dit M. Antonio qui a également annoncé avoir invité le président de la République, Ibbrahim Boubacar Keïta, à prononcer un discours au Parlement européen.
Quant au Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga, faisant l’économie de ses échanges avec Tajani Antonio, il a expliqué être venu à Paris d’abord puis à Bruxelles, dans le cadre du suivi des  décaissements liés aux engagements contractés lors de deux conférences : la Conférence de Bruxelles de 2013 et la Conférence internationale sur le Mali d’octobre 2015 à Paris.
Selon lui, l’occasion est opportune pour échanger sur l’ensemble des  sujets  de préoccupation commune : le terrorisme,  et en toile de fond comment est-ce que le Mali peut aborder cette question. «C’est envisager d’abord l’application intégrale de l’Accord pour la paix et la réconciliation, exprimer cette volonté importante qui est celle du gouvernement du Mali, afin que nous puissions retrouver la paix», a dit M. Maiga.
Le chef du gouvernement a aussi expliqué à ses interlocuteurs, tous les efforts faits par le Mali, depuis la signature de l’Accord. Mais en même temps,  il a partagé avec eux le constat qu’il y a eu une mise en oeuvre insuffisante parce que jusque-là,  seuls deux leviers sur trois ont été utilisés : le levier politique et le levier institutionnel.  Pas encore le levier économique.  «Ce que nous sommes venus expliquer au président du Parlement européen, c’est de nous accompagner dans une mise en oeuvre diligente mais surtout de manière concomitante en utilisant les trois volets. C’est ce qui va nous permettre de  changer la donne sur le terrain», a estimé le Premier ministre.
A-t-il le sentiment que son message a été entendu sur ces préoccupations ? «Nous avons eu le sentiment d’avoir donné un second souffle à une dynamique qui était là depuis 2015, sinon depuis 2013. Maintenant il faut donner plus de puissance à cette dynamique. Ce qui ne veut pas dire qu’il n y avait pas d’initiatives, pas d’efforts. Du côté du gouvernement du Mali, il y avait des efforts, tout comme du côté des partenaires. Il s’agit de donner un second souffle à ce partenariat, de faire en sorte que la paix soit plus visible, réelle et effective», a répondu Abdoulaye Idrissa Maiga.
Plus concrètement, le chef du gouvernement a formulé les attentes du Mali vis-à-vis de l’Union européenne, en termes de soutien et d’appui à la volonté du gouvernement d’aller vers la mise en place d’un Plan Marshall malien «avec l’accompagnement de l’UE». «Nous avons, à cette occasion, proposé un certain nombre d’instruments que nous avons d’ailleurs partagés hier (Ndlr mercredi) avec  les membres de l’OCDE.
Il s’agit de faire en sorte que les projets soient structurants, que ce soit dans les infrastructures, l’agriculture et même dans le domaine politique parce que nous allons bientôt organiser des élections générales en 2018. Les besoins sont déjà chiffrés. Je ne suis pas venu discuter d’engagements contractés, de financement. Nous parlons plutôt de décaissement de montants et de chiffres connus», a conclu le chef du gouvernement.
Si rien n’a filtré des rencontres avec Mme Mogherini et M. Mimica, avec Louis Michel, il a surtout été question de la préparation des futures élections au Mali, de la sécurité au Mali sur laquelle la délégation malienne a reconnu, qu’en dépit de réels progrès, il y avait certaines fragilités. M. Michel a indiqué qu’il partagera ces informations avec ses collègues plus actifs sur les relations UE-Afrique et avec les autorités du Conseil et de la Commission
Le gouvernement malien a demandé que l’UE décide d’une mission d’observation électorale,  a révélé Louis Michel.  Il a ajouté que la séance de travail a abordé l’après-Accords de Cotonou, un nouvel Accord dont  lui-même et l’ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et ancien commissaire européen, Pascal Lamy, sont chargés de négocier.

Envoyé spécial
Moussa DIARRA

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