mercredi 22 novembre 2017

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Langues maternelles : FACTEUR DE PAIX ET DE COHÉSION SOCIALE

« Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue » est le thème de la 18è édition de la Journée internationale des langues maternelles célébrée le 21 février dernier par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). La journée internationale des langues maternelles avait été décrétée par l’UNESCO lors de sa 30è session ordinaire en novembre 1999 pour être célébrée le 21 février de chaque année.
La célébration de cette journée a pour but de rendre hommage en la mémoire des étudiants bangladais massacrés le 21 février 1999 par leurs autorités pour avoir réclamé l’enseignement du bengali dans leur système éducatif. Outre les étudiants bangladais, la journée est dédiée aux élèves et étudiants de tous les autres pays membres de l’UNESCO. Notre pays célèbre cette manifestation depuis 2007.
Autorités scolaires, universitaires, administratives, politiques, coutumières, enseignants, élèves et étudiants de Sikasso, Bougouni, Koumantou et Zantiébougou étaient réunies mardi dernier à l’Ecole fondamentale du village de Zantiébougou à 30 km de Bougouni dans la Région de Sikasso. Cette rencontre avait pour objet de célébrer la 18è édition de la journée internationale et la 11è édition de la journée nationale des langues maternelles dans notre pays. « L’éducation multilingue et développement endogène durable » était le thème retenu au niveau national. Organisée par l’Académie malienne des langues (AMALAN), les journées nationale et internationale des langues maternelles étaient placées sous le signe de la paix et de la réconciliation nationale.
L’objectif recherché par la manifestation est de valoriser nos 13 langues nationales à travers la mobilisation et la sensibilisation du maximum de citoyens sur les avantages liés à l’utilisation des langues maternelles. Il s’agit aussi de démontrer qu’à travers les malles scientifiques nos langues nationales peuvent véhiculer la science. La conseillère technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mme Traoré Fatoumata Dicko qui présidait la cérémonie de lancement officiel des activités a tout d’abord visité le siège de la Coopérative des productrices de beurre de karité de Zantiébougou (COPROKAZAN). Elle a ensuite assisté à l’exécution de l’hymne national et à la montée des couleurs nationales en langue nationale « bamanakan » par les élèves de l’Ecole fondamentale de Zantièbougou.
Le maire de la commune rurale de Zantiébougou, Seydou Koné a jugé que les langues maternelles sont un repère culturel et constituent un facteur de développement économique, social et culturel d’un peuple. Cela a été démontré par les associations féminines qui mènent des activités génératrices de revenus en langue « bamanakan » au quotidien comme la COPROKAZAN, Sabati et Benkadi de Zantiébougou. Plus de 2300 femmes ont bénéficié de l’alphabétisation en bamanakan et tiennent correctement les comptes de leurs projets économiques, a constaté l’édile. Le directeur de l’Académie d’enseignement de Bougouni, Mody Abdrahamane Cissé a lui rappelé que dans le cadre du Programme vigoureux d’alphabétisation (PVA), sa structure compte 150 centres d’alphabétisation.
Ces Centres d’alphabétisation totalisent 4.500 apprenants, dont 2.980 femmes soit 63%. « Les langues nationales sont apprises d’abord dans la chaleur maternelle. Les femmes en sont les premières institutrices et surtout linguistes. Si l’avenir de notre pays est dans nos langues nationales, les femmes le portent », reconnait M. Cissé. Depuis plusieurs décennies le gouvernement a mis en place une politique visant à développer nos langues nationales en vue d’en faire de véritables outils de développement. La directrice générale de l’AMALAN, Mme Coulibaly Mariam Koné a elle soutenu que le thème national de la manifestation répond aux attentes des Objectifs du millénaire pour le développement durable (ODD) adoptés par 189 Etats membres de l’Organisation des Nations-unies (ONU).
Selon les statistiques de l’ONU, précise Mme Coulibaly Mariam Koné, sur les 875 millions de personnes illettrées dans le monde près de deux tiers sont des femmes. Les filles et les femmes enseignées dans leur langue restent plus longtemps à l’école. Leurs résultats sont meilleurs. Une mère prend mieux soin d’elle et de sa famille quand elle sait lire dans sa langue maternelle, estime Mme Coulibaly Mariam Koné. Celle-ci a enfin précisé que le gouvernement a déjà adopté une loi portant modalités d’officialisation de nos langues nationales.
En paraphrasant un idéologue, la conseillère technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a soutenu que la langue est le meilleur moyen de communication entre les hommes. Elle leur permet de comprendre, de savoir, de concevoir, d’exprimer, d’échanger et de transmettre leurs idées. Quant à la langue maternelle, elle permet à l’enfant de découvrir le monde, la vie. C’est à ce titre qu’elle demeure l’outil privilégié pour les apprentissages. Mme Traoré Fatoumata Dicko a reconnu que les bulletins d’information donnés par la radio, la télévision nationale et la presse écrite permettent à toutes les communautés linguistiques du pays d’être mieux informées au même moment sur des problèmes intéressants la vie de la Nation. Le multilinguisme est l’un des outils les plus précieux de la communication, d’intercompréhension. Il élargit les champs de communication et multiplie les chances de participation des communautés à la recherche et à la résolution efficace des problèmes sécuritaires, économiques, sociopolitiques et environnementaux.
S. Y. WAGUE

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