mardi 21 novembre 2017

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Journée mondiale de la vue : AVOIR LE RÉFLEXE DES CONSULTATIONS OPHTALMOLOGIQUES

A partir de 35 à 40 ans, il est bon de solliciter les services d’ophtalmologie au moins une fois par an, même en l’absence de tout signe d’affection oculaire

« Faites que la vue compte » : tel est le thème de la Journée mondiale de la vue cette année. Il s’agit d’un thème évocateur qui incite la population à faire au moins une consultation ophtalmologique par an mais qui se veut surtout un appel aux parents à faire au moins une consultation ophtalmologique des enfants à chaque rentrée scolaire afin d’éviter d’éventuels troubles visuels. En termes clairs, il nous fait avoir le réflexe des consultations ophtalmologiques. La Journée couplée à la Semaine nationale de la cécité a été célébrée, jeudi dernier au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba. La cérémonie était présidée par le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Hamadou Konaté, représentant son collègue en charge de la Santé. On notait aussi la participation de la représentante des partenaires du Projet d’élimination du trachome, Mme Mette Kinoti et d’autres invités. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la cécité évitable touche majoritairement les habitants les plus pauvres des pays en développement. En effet, 37 millions de personnes sont aveugles dans le monde mais 75% des cas de cécité peuvent être évités ou guéris s’ils sont détectés et soignés à temps. La même source indique qu’en raison de l’accroissement démographique, du vieillissement de la population et de l’absence d’interventions adaptées, le nombre d’aveugles pourrait atteindre 75 millions d’ici 2020. Ces prévisions font froid dans le dos et interpellent la conscience collective sur l’urgence d’agir en vue de circonscrire les cécités évitables dans les différents pays, notamment ceux de notre continent.
A ce propos, le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire a déclaré qu’au Mali, la cécité représente un véritable problème de santé publique mais aussi socio-économique. La prévalence est estimée à 1,2%, ce qui correspond à 214 000 aveugles. Hamadou Konaté a indiqué que les principales causes de cécité sont la cataracte, première cause mondiale de cécité et le glaucome qui demeure la deuxième cause de cécité avec environ 14% des cécités.
Les autres causes de cécité sont, entre autres, le trachome, les opacités cornéennes, les vices de réfraction et l’onchocercose. Le ministre a précisé que la cataracte et les vices de réfraction représentent les ¾ des cécités. Parmi ce nombre, la cataracte, elle seule provoque la moitié des cécités.
« Plus qu’un problème de santé publique ou de souffrance humaine, la cécité entraîne une baisse de la production et de la productivité », a précisé le ministre Konaté. Par conséquent ce sont des enfants qui servent généralement de guide aux parents ayant perdu la vue. Cette situation, selon le ministre, compromet leur apprentissage scolaire ou professionnel. Par ailleurs, le ministre a souligné que la lutte contre la cécité contribue à l’atteinte des Objectifs du développement durable (ODD). L’amélioration de la santé oculaire passe par 3 axes stratégiques majeurs que sont : le développement des ressources humaines, celui des infrastructures et de l’équipement et la lutte contre la maladie. Ainsi dans notre pays, plusieurs actes majeurs ont été posés parmi lesquels, la création et l’équipement de 14 centres secondaires d’ophtalmologie dirigés par des médecins ophtalmologistes et 33 unités de soins oculaires dirigés par des assistants médicaux en ophtalmologie. L’ouverture effective de la filière optométrie sous l’impulsion de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), la présence de l’Institut d’ophtalmologie tropicale d’Afrique (IOTA), une structure de troisième référence, sont aussi des atouts pour notre pays dans la lutte contre la cécité.
Pour le ministre, les acquis sont indéniables mais que de défis aussi restent à relever. Il s’agit de la mise à disposition de ressources humaines de qualité en nombre suffisant et une bonne répartition de ces compétences sur l’ensemble du territoire national. Pour assurer une meilleure santé oculaire, il a invité les décideurs et parents à veiller sur les visites médicales des enfants fréquentant l’école primaire. Et le ministre de conseiller tout un chacun a sollicité les services d’ophtalmologie à partir de 35 à 40 ans, au moins une fois par an, même en l’absence de tout signe d’affection oculaire. La représentante des partenaires du Projet d’élimination du trachome Mme Mette Kinot a expliqué que cette Journée a une double signification. Elle est aussi le lancement d’une nouvelle phase de financement pour la lutte contre le trachome, une phase qui devrait permettre au Mali d’éliminer le trachome en tant que problème de santé. Selon la représentante des partenaires, notre pays a fait un progrès impressionnant vers l’élimination du trachome, une maladie causée par une bactérie qui est considérée comme la première cause de cécité évitable au Mali. Cependant, les taux de prévalence des dernières enquêtes démontrent qu’il reste toujours de la chirurgie à faire. L’estimation faite cette semaine est de 6 093 cas en attente d’être opérés dans 21 districts sanitaires sur 69 initialement endémiques. A titre de rappel, il faut retenir simplement que le seuil d’élimination de la complication du trachome (trichiasis trachomateux) est de moins de 0,1% dans la population totale. Les avancées sont réelles, a reconnu la représentante des partenaires, mais le travail n’est pas terminé. C’est le moment de redoubler d’efforts pour que l’élimination du trachome dans notre pays en 2018 soit une réalité. Elle a ajouté qu’il est nécessaire d’identifier les personnes nécessitant l’opération contre le trichiasis et conduire les interventions à travers des campagnes dans les districts sanitaires ou au niveau des hôpitaux. La priorité, selon elle, doit être aussi d’intégrer la prise en charge du trachome dans le paquet minimum d’activités des structures sanitaires périphériques pour une identification des cas de trichiasis même après la fin des financements spécifiques pour le trachome.
Fatoumata NAPHO

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