INTERNATIONAL

PostHeaderIcon Syrie : DOUBLE VETO

La Syrie s’embourbe dans la violence, alors que la communauté internationale reste toujours divisée sur la manière de mettre fin à la contestation populaire dans ce pays.

Syrie : DOUBLE VETO

L’armée syrienne a lancé hier un nouvel assaut sur Homs, haut lieu de la contestation, au moment où le blocage reste entier au sein de la communauté internationale face au conflit en Syrie. Au total, les violences dans le pays ont fait au moins 29 morts hier : 24 civils tués par les forces du régime dont 17 à Homs (centre) selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ainsi que trois soldats et un ouvrier tués par des "gangs terroristes" selon les autorités. Dans le même temps, des centaines de blindés syriens ont lancé un assaut contre la ville de Zabadani, près de Damas. L’OSDH a parlé d’"une campagne générale destinée à reprendre les bastions de la contestation" par l’armée. Le régime a encore nié tout bombardement sur Homs et imputé les violences à des "gangs terroristes", comme il le fait depuis le début il y a près de 11 mois de la révolte dont il se refuse à reconnaître l’ampleur et qu’il cherche à étouffer dans le sang, au prix d’au moins 6.000 morts. Ces groupes sont accusés d’avoir également fait exploser un gazoduc à Homs, qui alimente les stations électriques du Nord Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a exhorté la communauté internationale à agir vite pour "empêcher un nouveau massacre". Il a aussi demandé à la communauté internationale de protéger "les civils syriens d’une guerre d’extermination sous couvert du silence et de la complicité" de ceux qui ont fait barrage à la résolution de l’ONU". La Russie et à la Chine ont opposé leur veto samedi, le deuxième depuis le début de la révolte, à un projet de résolution présenté par l’Occident et les Arabes et condamnant la répression en Syrie. Ce veto survenu quelques heures après le terrible bombardement de Homs a provoqué l’indignation dans une partie du monde. Mais la Russie, alliée de Damas, a contre-attaqué hier, son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov a expliqué avoir opposé son veto parce que la résolution ne mentionnait pas la nécessité pour l’opposition de se distancer "des extrémistes armés". En annonçant la visite aujourd’hui à Damas de Lavrov, Moscou a déclaré avoir "l’intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide" en Syrie et plaidé pour la mise en place rapide des "réformes démocratiques indispensables", même si l’opposition réclame avant tout un départ du président Bachar al-Assad. La Chine a de son côté assuré qu’elle ne cherchait pas à protéger la Syrie, et a renvoyé pouvoir et opposition dos à dos en appelant "toutes les parties" à cesser les violences. Après l’échec des efforts diplomatiques à l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas. Ce double veto "amoindrit le rôle de l’ONU", a estimé samedi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon. Cette institution doit revoir sa stratégie pour ramener une paix durable en Syrie.