Un jeune homme est décédé, à Dakar mardi soir après la fin du rassemblement du M23 sur la place de l’Obélisque.
La victime aurait été renversée par un véhicule. Une fois la manifestation terminée, des jeunes gens s’en sont pris aux forces de l’ordre qui ont fini par répondre en lançant des gaz lacrymogènes et charger. Avant cela, le rassemblement de l’opposition qui s’est déroulé dans le calme, était organisé pour contester la candidature d’Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle du 26 février. La foule s’est rassemblée au début de l’après-midi petit à petit place de l’Obélisque pour manifester contre la validation de la candidature du président Wade qui brigue un troisième mandat. Les leaders n’étaient pas encore arrivés sur place mais les jeunes laissent éclater leur colère entre deux concerts de sifflets. Sur une pancarte on pouvait lire : « Trois mandats, trois morts, Wade stop ! », en référence aux trois personnes tuées depuis le début des manifestations vendredi 27 janvier. Le rassemblement s’est déroulé sans incident jusqu’à environ 19h10, où la situation a dégénéré et la police anti-émeutes a dispersé les milliers d’opposants à coups de gaz lacrymogènes. A la fin de la soirée le calme est revenu dans la ville. En province, plusieurs dizaines de personnes ont marché sans incident à Ziguinchor, selon l’Agence France Presse. Une dizaine de policiers anti-émeutes déployés sur place ne sont pas intervenus. La candidature d’Abdoulaye Wade avait été confirmée dimanche par le Conseil constitutionnel. Cette décision a déjà provoqué des violences le même jour dans la ville de Podor (nord) où deux personnes ont été tuées. La validation de la candidature d’Abdoulaye Wade par le Conseil Constitutionnel, entraîne des mouvements de colère au Sénégal, mais également à l’étranger. Les Etats-Unis se disent « préoccupés ».Wahsington a officiellement demandé au président sortant de laisser « la place à la prochaine génération ». Le ton employé par Washington est sans équivoque même s’il ne s’agit, pour l’instant, en tout cas, que d’une « invitation ». « Nous respectons le processus politique et légal, et le fait qu’Abdoulaye Wade soit autorisé à briguer un second mandat », affirme Victoria Nuland. « Mais le message que nous lui adressons reste le même », ajoute la porte-parole du département d’Etat. « L’attitude digne d’un chef d’Etat serait de céder la place à la prochaine génération ». Inquiets des violences qui ont touché le Sénégal après l’annonce faite par le Conseil Constitutionnel, les Etats-Unis estiment qu’il serait « préférable » que l’actuel président sénégalais renonce à se présenter à nouveau. « Nous pensons que la démocratie sénégalaise est assez mûre pour se tourner vers la génération suivante », ajoute Victoria Nuland. Quelques heures plus tôt, le secrétaire d’Etat adjoint William Burns avait donné le ton : « Nous sommes préoccupés par le fait que la décision du président Wade de solliciter un troisième mandat pourrait mettre en péril la démocratie, le développement démocratique et la stabilité politique que le Sénégal a bâtis sur le continent, au cours des décennies ». Et Washington appelle à un processus électoral pacifique qui permettra à tous les Sénégalais de s’exprimer librement.