Après plusieurs années de brouille, Paris et Kigali ont décidé de reprendre leurs relations diplomatiques le 29 novembre dernier, alors que le Rwanda vient de faire son entrée dans l’espace anglophone du Commonwealth. Lorsque qu’en 2006 le juge français Bruguière avait délivré des mandats d’arrêts contre des proches du président rwandais, Paul Kagamé, Kigali avait décidé de rompre tout contact officiel avec Paris.
Suspendues depuis trois ans, les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda viennent d’être rétablies. Cette annonce est intervenue à la suite du voyage du secrétaire général de la présidence de la République, Claude Guéant, le 29 novembre dernier à Kigali où il a rencontré le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagamé.
« A l’issue de ces entretiens, le président de la République française et son homologue rwandais sont convenus de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays », précise un communiqué de l’Élysée.
Kigali et Paris avaient rompu en 2006 quand le juge Bruguière avait délivré des mandats d’arrêts contre des proches du président Kagamé soupçonnés d’avoir pris part à l’attentat contre le président Habyarimana. La mort de ce dernier le 6 avril 1994, est d’ailleurs considérée comme l’élément déclencheur du génocide au Rwanda. Le président rwandais a toujours considéré cette action judiciaire comme un coup de poignard de la part de la France.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a initié une politique de rapprochement avec le Rwanda depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. De plus, ce dernier s’est plusieurs fois entretenu avec le président rwandais lors des sommets internationaux. Alors que le contentieux entre les deux pays n’est pas encore totalement épuré, Kigali souhaite que la France s’excuse comme l’ont fait certaines puissances occidentales après le génocide.
La normalisation entre les deux capitales intervient alors que le Rwanda vient de faire un pas très symbolique, hors de l’espace francophone. L’entrée du Rwanda dans le Commonwealth consacre une volonté de Paul Kagamé d’ancrer son pays au plus près de son allié britannique.
Sources : REUTERS