Les participants du Forum d’Arlit ont, à l’unisson, préconisé le dialogue et le développement comme solution durable aux crises
Notre pays était à l’invité vedette du Forum international pour la paix et le développement, et du lancement du festival de l’Aïr et de la saison touristique à Arlit au Niger (voir L’essor d’hier). La délégation malienne était conduite par le Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. En compagnie de son homologue nigérien, Brigi Rafini, elle a participé aux travaux du Forum qui se sont étendus sur les journées de lundi et mardi. Le Mali a présenté des communications et fait des contributions dont la plus remarquée aura été celle du directeur général de l’Agence pour le développement du nord (ADN). Les participants de la rencontre d’Arlit ont, à l’unisson, reconnu que la politique du tout sécuritaire ne paie pas. L’argumentaire a été surtout soutenu par des voix comme celles de Rhissa Ag Boulah et Mohamed Anako, respectivement ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat et président de Conseil régional (assemblée régionale chez nous), deux anciennes figurent de la rébellion au Niger. Les deux hommes ont souligné les mérites du modèle malien. Rhissa Ag Boulah a assuré que depuis la signature des accords de paix en 1995 et 2007, aucun véritable programme de développement n’a été mis en œuvre dans les régions où vivent les Touaregs, tandis que plusieurs programmes et projets ont été initiés au Mali en faveur des régions du Nord. Pour lui, l’analphabétisme et le désœuvrement des jeunes dans les milieux nomades constituent un terreau fertile pour toutes les tentatives de déstabilisation. Mohamed Anako a, lui aussi, centré son intervention sur le problème du chômage des jeunes. Selon lui, c’est maintenant que les enfants nomades commencent à fréquenter véritablement l’école. Il a également parlé du « non respect » par l’Etat nigérien de ses engagements et de la remise en cause de certaine clauses des différents accords, notamment la suppression et le remplacement des Unités sahariennes de sécurités (USS) par la Garde nationale. Pour lui, ce genre de comportement n’est pas de nature à maintenir l’équilibre fragile de la paix dans le pays. Rhissa Ag Boula a profité de l’occasion pour lancer un appel pressant à ses frères touaregs du Mali pour qu’ils abandonnent toute idée sécessionniste. Car un Etat uniquement touarègue n’est pas viable. Le Premier ministre Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a noté qu’après la rencontre d’Alger qui a abouti à la mise en place de l’Etat-major conjoint opérationnel et de liaison regroupant le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger en 2011, c’est au tour du Niger d’emboiter le pas en organisant ce forum dans la cité minière d’Arlit, au cœur des régions habitées par les Touaregs.
Envoyé spécial
A. O. DIALLO