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PostHeaderIcon Mali-Niger : LE COMBAT COMMUN POUR LA PAIX ET LE DEVELOPPEMENT

A l’occasion d’un forum international, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de cheminer ensemble dans la lutte contre le banditisme transfrontalier et le terrorisme et pour créer les conditions favorables à l’épanouissement des populations

Mali-Niger : LE COMBAT COMMUN POUR LA PAIX ET LE DEVELOPPEMENT

Iferetagan, une localité située dans le désert nigérien à 19 km de la ville d’Arlit (la région d’Agadès) vient d’abriter un forum international sur la paix et le développement. Le coup d’envoi du festival a été donné par le président nigérien, Mahamadou Issoufi. Celui-ci avait à ses côtés notre Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Le chef du gouvernement qui dirigeait une forte délégation répondait à une invitation spéciale adressée au président de la République, Amadou Toumani Touré, par son homologue nigérien. La cérémonie d’ouverture débuta par une séance de prières dirigée par les oulémas d’Arlit. L’ouverture de la 8ème édition du festival de l’Aïr a été couplée également avec le lancement de la saison touristique. Dans son intervention devant un parterre de personnalités et d’investisseurs, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a souligné que les thématiques traitées durant ce forum de trois jours sont d’une importance capitale pour notre pays. Car la paix, la sécurité et le développement constituent un triptyque plein de signification et d’espoir pour nos Etats. Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé a déploré les contraintes auxquelles nos pays font face à cause du changement climatique et des bouleversements écologiques. Elle a aussi évoqué l’insécurité grandissante liée au banditisme et au terrorisme. Ces phénomènes nouveaux ont amené certaines populations à abdiquer ou à se rallier aux groupes extrémistes. Dès lors, il apparaît nécessaire pour les autorités de nos Etats de mutualiser leurs moyens pour faire face à cette nouvelle menace transnationale qui se caractérise de plus en plus par l’interconnexion de réseaux terroristes, voire par une sorte de mondialisation du crime organisé. La réponse commune doit se manifester par une collaboration franche au sein des dispositifs de lutte contre le phénomène. Au nombre des instruments communs dans cette lutte, il y a l’Etat-major conjoint opérationnel et de liaison regroupant notre pays, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger. La démarche est soutenue par une coopération frontalière redynamisée. Au lieu que nos zones frontalières soient des havres de paix pour les populations occupées à des activités de développement, elles se sont tout simplement transformées en espace de conflits intracommunautaires, de divers trafics, de rapts d’étrangers, d’extrémisme religieux. Les attaques-représailles sont devenues le lot quasi quotidien des populations frontalières. Face à de telles menaces pour la paix, la sécurité et le développement, « nous devons dire ensemble halte à ces actions d’attaque-représailles qui n’ont que trop endeuillé nos populations », a invité le Premier ministre. Pour Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, chaque mort est un mort de trop et chaque blessé est un blessé de trop. Il est donc grand temps d’arrêter le cycle infernal. Il faut coordonner les actions pour extirper nos populations des mains des hors-la-loi. « Les laborieuses populations vivant dans les zones sahélo-sahariennes n’aspirent qu’à la sécurité et à la sécurité et au développement et attendent des autorités des actions fortes. La réponse ne saurait être au-dessus de nos moyens », a encore relevé Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. C’est pour cette raison que sur instruction du président de la République, Amadou Toumani Touré, le gouvernement a initié un Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans les régions du Nord du Mali (PSPSDN). Cette nouvelle initiative vient en complément de précédentes actions de développement en cours, mise en œuvre par l’Agence de développement du Nord-Mali. Le Programme spécial s’emploie à réduire de manière significative, sinon à supprimer complètement les causes de l’insécurité et du terrorisme dans le Nord. Il engage des actions concrètes en matière, de sécurité, de gouvernance, de développement local et de communication. Cette initiative présidentielle repose sur le constat établi par le chef de l’Etat de la faiblesse du dispositif sécuritaire, administratif et social. Le président nigérien, Mahamadou Issoufi, a insisté sur la nécessité de réserver à l’Etat « le monopole de la violence ». Seul l’Etat doit posséder les armes dans un pays. Il a salué les initiatives en cours dans son pays en faveur de la paix, notamment le programme de récupération des armes. Il a appelé les groupes armés à se mettre dans la logique de la paix et du développement. Pour lui, il faut mettre fin à « l’auto-empoignade et à l’autarcie ». Le choix donc d’Arlit pour accueillir le triple événement se justifie à plusieurs titres. Cette ville située à 1200 km de Niamey est au cœur des préoccupations des autorités de Niamey. Elle abrite l’un des principaux champs d’extraction d’uranium du Niger. A ce titre, elle constitue un important pôle d’attraction des touristes, à l’instar des autres départements de la région d’Agadès. Le tourisme a attiré dans la région 6 000 visiteurs pendant la dernière saison touristique et injecté dans l’économie locale plus de 6 milliards de Fcfa.

Envoyé spécial

A. O. DIALLO