Les rebelles ont pris hier le contrôle du quartier-général de Mouammar Kadhafi à Tripoli, un immense complexe avec plusieurs bâtiments où les insurgés s’emparaient des stocks d’armes alors que plusieurs morts jonchaient le sol, selon un correspondant de l’AFP (Agence France Presse) sur place.
"Le complexe du dirigeant libyen sur une superficie de plusieurs centaines de mètres est composé de multiples bâtiments et dans l’un d’entre eux les rebelles ont trouvé des stocks de munitions, de pistolets, de fusils mitrailleurs dont ils se sont emparés", a indiqué le correspondant de l’AFP. Plusieurs corps jonchaient le sol dans l’enceinte, apparemment des soldats pro-Kadhafi, a indiqué le correspondant faisant état également de nombreux blessés. "Les rebelles ont défoncé les murailles en béton de l’enceinte et ont pénétré dedans. Ils ont pris Bab al-Aziziya (QG de Kadhafi), entièrement, c’est fini", avait-il indiqué auparavant. On ignorait pour le moment la situation du dirigeant libyen et de ses proches. Dans la nuit, un de ses fils, Seif al-Islam, avait indiqué que son père était toujours dans la capitale. Selon le correspondant, les rebelles à Tripoli ont reçu dans l’après-midi d’hier le renfort de combattants venus de l’enclave de Misrata qui les ont aidés à s’attaquer au fief du dirigeant libyen. A Benghazi (est), fief des rebelles, le colonel Ahmed Omar Bani avait peu auparavant indiqué que "les forces assiégeaient Bab al-Aziziya" et qu’une "violente bataille s’y déroulait". Selon eux quelque 2000 combattants sont actuellement dans la capitale. Par ailleurs, le président sud-africain Jacob Zuma a défendu le position de l’Union africaine (UA) dans la crise libyenne mais affirmé que l’utilisation de la force par l’OTAN avait sapé ses efforts de médiation. "Je ne pense pas que nous puissions en aucune manière avoir le sentiment que l’Union africaine a échoué à traiter la question de la Libye", a estimé Zuma —qui fait partie du groupe spécial de médiation de l’UA pour la Libye—, en marge d’une rencontre avec son homologue ghanéen John Atta Mills. "Je pense que le point que nous soulevons, c’est que ceux qui ont beaucoup de capacités, même la capacité de bombarder des pays, ont vraiment sapé les initiatives de l’UA et les efforts pour régler le problème libyen", a-t-il assuré. "Ce point, nous l’avons soulevé et nous continuerons à le soulever. Nous aurions pu éviter beaucoup de pertes de vies humaines en Libye", a-t-il dit. L’Afrique du Sud, membre temporaire du Conseil de sécurité de l’ONU, avait voté la résolution instituant une zone d’exclusion aérienne en Libye, mais Jacob Zuma a rapidement déclaré que l’OTAN l’avait détournée à des intérêts autres que la protection des civils. "En accord avec l’Union africaine, nous n’avons cessé de dire que l’avenir de la Libye doit être décidé par le peuple libyen", a insisté le président sud-africain, qui assistera demain et vendredi à Addis Abeba à des réunions de l’UA consacrées au suivi de la crise libyenne. "Nous voulons voir, après ces événements, une démocratie fondée sur une Constitution qui doit être élaborée par les Libyens, bien sûr, avec le soutien de l’UA", a-t-il ajouté. Tout comme l’Afrique du Sud, le Ghana n’a pas reçu de demande d’asile du colonel Kadhafi, a indiqué son président. "Chacun de nous admettra que ces événements nous ont pris par surprise et l’UA a entrepris d’étudier la situation et de mettre l’accent sur le besoin de prendre en considération les aspects humanitaires", a déclaré John Atta Mills. Tout comme son homologue sud-africain, le président Atta Mills a estimé qu’il appartenait aux Libyens de décider ce qui était dans leur intérêt. "Par conséquent, tout en appelant à un cessez-le feu, nous voulions que le peuple libyen puisse avoir la possibilité de choisir son propre leader", a-t-il dit au passé.