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PostHeaderIcon L’ECLAIRAGE DU PRESIDENT TOURE

A l’issue de la rencontre de soutien à la Libye nouvelle que Paris a abritée jeudi, le président de la République, Amadou Toumani Touré a accordé une interview à la presse nationale qui l’accompagnait.

L’ECLAIRAGE DU PRESIDENT TOURE

Le sens de la participation du Mali à cette rencontre, la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT), les relations entre le Mali et la Libye, tels ont été les principaux sujets abordés au cours de cet entretien. « Il s’agissait d’une conférence internationale des amis de la Libye. Nous y avons été invités par un autre pays ami du Mali, en l’occurrence la France. En tant qu’ami de la Libye, nous ne pouvions donc pas manquer le rendez-vous », a dit en substance le chef de l’Etat. Surtout que le Mali est l’un des cinq pays médiateurs désignés par l’Union africaine sur la crise libyenne. Relevant que la Libye traverse une phase cruciale de son histoire, le président Touré s’est dit réconforté par les assurances données par les autorités de transition libyennes sur le processus vers l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit dans le pays. Quant à la reconnaissance du Conseil national de transition en tant qu’autorité légitime en Libye, Amadou Toumani Touré, a indiqué que le Mali demeure fidèle à la position de l’Union africaine. « Nous suivons la ligne de l’Union africaine. Le 25 août, l’Union africaine avait déjà dégagé une feuille de route concernant l’après-Kadhafi. Une résolution adoptée alors demandait aux nouvelles autorités de former un gouvernement inclusif représentant la Libye dans toutes ses composantes. Nous avons été réconforté par les propos rassurant donnés par les responsables du CNT dans ce sens », a dit Amadou Toumani Toumai Touré. De même qu’ils ont promis d’éviter toute velléité de vengeance. En ce qui concerne le Mali, il a préféré opter pour une ligne médiane. « On ne peut pas être juge et partie à la fois, a ajouté le président Touré, en faisant référence au statut de médiateur de notre pays dans la crise. C’est ainsi que notre parole et notre position seront toujours considérées ». Au regard de toutes les assurances données par les autorités de transition libyennes, la reconnaissance du Conseil national de transition par l’Union africaine est une question de temps, pense le chef de l’Etat. « Ils ont aussi réaffirmé que la Libye demeure africaine. Ce qui est très important », a souligné ATT en rappelant que dans les mêmes circonstances de prise du pouvoir par des moyens non constitutionnels, d’autres pays ont été par le passé temporairement exclus de organisation panafricaine. Il a ensuite indiqué que pour le cas précis de notre pays, il a des amitiés avec des hommes. Mais ces relations vont au-delà. Elles demeurent toujours avec les pays. Abordant la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien, le président Touré a dit en avoir parlé avec les responsables du CNT. « Nous devons tenir compte de notre propre sécurité. Nous constatons déjà une prolifération d’armes dans l’espace. Ces armes peuvent se retrouver dans les mains de gens très dangereux. Qu’il s’agisse des trafiquants ou d’autres personnes défendant des causes toutes aussi mauvaises. Nous avons donc demandé d’intégrer les effets collatéraux comme l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, dans la gestion de la situation en Libye », a expliqué le chef de l’Etat. Pour lui, le Mali a fait preuve d’une grande solidarité avec le peuple libyen en ayant été l’un des rares pays à maintenir notre ambassade à Tripoli pendant tout le temps qu’a duré la crise. En même temps, cette démarche était destinée à protéger nos compatriotes vivant sur place. « Nous avons demandé à l’ambassadeur et au personnel de la représentation diplomatique de demeurer sur place tant qu’un seul Malien restera en Libye », a précisé Amadou Toumani Touré.