Les autorités aéroportuaires ont renforcé le contrôle des passagers originaires ou en provenance de pays considérés comme des soutiens au terrorisme
L’administration américaine a annoncé dimanche un renforcement des contrôles des passagers embarquant sur des avions à destination des États-Unis, dix jours après l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit de la compagnie Northwest Airlines. Dimanche soir, l’aéroport de Newark à New York a été bloqué : un terminal a dû être fermé après le déclenchement d’une alarme par une personne ayant pénétré dans une zone interdite.Le président américain Barack Obama a incriminé Al-Qaïda dans la péninsule arabique pour l’attentat manqué. Le suspect nigerian a indiqué aux enquêteurs avoir séjourné au Yémen ces derniers mois avant de se rendre à Lagos, puis à Amsterdam où il s’est envolé pour les États-Unis. Des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place dès l’attentat manqué, à la discrétion de certains pays ou compagnies aériennes, comme l’interdiction de se rendre aux toilettes ou de poser un objet sur ses genoux dans l’heure précédant l’atterrissage. Dans une directive applicable depuis hier, l’Administration de la sécurité dans les transports (TSA) ordonne un contrôle renforcé de "tous" les passagers originaires ou en provenance de pays considérés comme des soutiens au terrorisme "ou de tout autre pays concerné", dont la liste complète n’a pas été publiée officiellement. La directive s’impose à tous les transporteurs, américains ou étrangers. Pour les ressortissants d’autres pays, la directive prévoit un recours accru à des technologies avancées de contrôle des passagers et impose de fouiller "au hasard" les personnes à destination des États-Unis de tous les vols internationaux. "Une sécurité aérienne efficace commence au-delà de nos frontières", explique la TSA. Cuba, l’Iran, le Soudan et la Syrie sont les quatre pays figurant actuellement sur la liste américaine des États qui soutiennent le terrorisme, selon le Département d’Etat. Selon un haut responsable de l’administration Obama, les ressortissants de 14 pays au total sont plus particulièrement concernés par les contrôles renforcés, parmi lesquels le Nigeria, le Pakistan, le Yémen, l’Afghanistan, la Libye et la Somalie. Le Nigeria a estimé injuste hier de figurer sur sur cette liste. "Il est injuste d’inclure le Nigeria dans la liste des contrôles renforcés car les Nigérians n’ont pas de tendance terroriste", a réagi la ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Dora Akunyili. S’adressant à quelques journalistes, elle a jugé la mesure discriminatoire. "Il est injuste de discriminer 150 millions de personnes en raison de la conduite d’une seule", a estimé le ministre. Le New York Times et le Washington Post citant des responsables gouvernementaux ont affirmé que les quatre pays restants étaient l’Algérie, le Liban, l’Arabie saoudite et l’Irak. "Cent pour cent" des passagers originaires ou en provenance de ces pays seront soumis à une fouille corporelle "complète" ainsi qu’à une inspection "manuelle" de leurs effets personnels, d’après Politico. Selon ce site de référence de la politique américaine, "un pourcentage beaucoup plus élevé de passagers de tous les pays étrangers" sera soumis à ces contrôles renforcés. "Ces contrôles pourront comporter une détection d’explosifs ainsi qu’un passage au scanner corporel lorsque cette technologie est disponible", selon Politico.