Les négociations en vue d’adopter le plan de sortie de crise de la Ligue arabe se sont poursuivies mercredi 1er février, au Conseil de sécurité des Nations unies.
Même si l’option militaire n’était pas à l’ordre du jour, l’idée de sanctionner le régime syrien se heurte toujours à de farouches réticences. La Russie, notamment, continue de brandir la menace d’un veto. Si le Conseil de sécurité n’a encore pris de décision, Bachar el-Assad ne peut ignorer qu’il est de plus en plus isolé. La Ligue arabe l’a officiellement lâché. « Nos efforts ont été inutiles a tonné le Premier ministre du Qatar, La machine à tuer continue ». Des mots extrêmement durs qui marquent le divorce entre le régime syrien et la plupart de ses voisins arabes. Bachar el-Assad peut encore compter sur la Russie. Vitaly Churkin le représentant russe refuse de soutenir un appel au départ du président syrien : « Le Conseil de sécurité ne peut pas prescrire des solutions toutes prêtes dans les affaires internes d’un pays. Ce n’est pas dans la charte de l’ONU. Si on prend cette habitude, on finira par dire quel roi ou quel Premier ministre doivent démissionner. Ce n’est pas au Conseil de sécurité de dire ça ! ». La Russie n’a pas encore dit si elle mettra son veto au texte de la Ligue arabe. Les Occidentaux veulent croire qu’un compromis est toujours possible. Les négociations se poursuivent avant un vote dans les tous prochains jours. Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, estime qu’il reste une chance de parvenir à un compromis avec la Russie. La Ligue arabe avait imploré mardi les Nations unies de sortir de leur inaction face à "la machine à tuer" du régime syrien, mais Damas et son allié russe ne semblaient pas prêts à céder à la pression mise par les pays occidentaux au Conseil de sécurité. Les 15 pays membres du Conseil, dont plusieurs représentés par leur ministre des Affaires étrangères, ont entendu le représentant de la Ligue arabe leur demander de mettre fin à la "tragédie humanitaire" qui a fait au moins 5.000 morts depuis mars dernier, en adoptant un projet de résolution. Depuis une semaine, au moins 400 personnes ont péri. Mardi, les violences ont fait au moins 22 morts, essentiellement dans des opérations menées par les forces du régime, tandis que des combats entre armée et dissidents faisaient rages dans les provinces d’Idleb, Homs et Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). "La force de feu mise en oeuvre est la plus violente depuis le début de la révolution syrienne" en mars 2011, a commenté Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH, basé au Royaume-Uni. Mais le chef de l’Armée syrienne libre (ASL), le colonel Riad al-Assaad, a affirmé que "50% du territoire" n’était plus sous le contrôle du régime, tout en précisant que ses forces n’avaient pas pour autant les moyens de prendre la main dans ces zones.