INTERNATIONAL

PostHeaderIcon Côte d’Ivoire : CONCERTATIONS SUR LA FORMATION D’UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

L’opposition conditionne son retour dans l’équipe gouvernementale à la resolution du différend sur le processus électoral

Côte d’Ivoire : CONCERTATIONS SUR LA FORMATION D’UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, qui conserve son fauteuil après la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante, a lancé hier ses consultations pour former un cabinet, auquel l’opposition n’accepte de participer que si la CEI est "rétablie". Guillaume Soro a entamé dans la matinée une série de rencontres en recevant le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young-jin Choi. Souhaitant que l’épreuve actuelle (dissolution du gouvernement et de la CEI) soit surmontée "le plus rapidement possible dans le calme", Young-jin Choi a appelé à "préserver les acquis du passé, y compris la liste électorale provisoire". Le chef du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel), Pascal Affi N’Guessan, a dit au Premier ministre son refus d’"un gouvernement de partis" et plaidé pour un président de la CEI d’"aucun bord politique", alors que l’ex-président de la CEI Robert Beugré Mambé, accusé de "fraude", était membre de l’opposition. Cette dernière, réunie au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), devait être reçue plus tard. À l’issue d’une réunion de ses quatre leaders, dont l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, elle a posé ses conditions pour un retour au gouvernement. "Le problème qui existe et qui est le vrai, c’est le problème du processus électoral et de la fonctionnalité de la CEI", a expliqué le président du directoire du RHDP, Alphonse Djédjé Mady. "La Primature fera (...), si ce problème n’est pas réglé, un gouvernement sans nous". Pris de court par l’initiative du président ivoirien Laurent Gbagbo, la coalition avait dénoncé samedi un "coup d’Etat", dit ne plus le reconnaître comme chef de l’État et appelé à "s’opposer par tout moyen à cette dictature". L’ex-rébellion, qui devait se réunir dans son fief de Bouaké, a remis son "conclave" à aujourd’hui, sans explication. De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a réitéré son souhait de voir se tenir une élection "libre et transparente". Le président Gbagbo avait dit que le Premier ministre était chargé de lui proposer un nouveau gouvernement dès ce hier, ainsi que le "format" d’une nouvelle CEI avant la fin de cette semaine. Mais la composition de la nouvelle équipe prendra plus de temps que prévu. Probablement restreinte par rapport au gouvernement sortant - 33 membres issus du camp Gbagbo, des FN et de l’opposition - elle devrait être dévoilée avant la fin de la semaine, selon l’entourage du Premier ministre Soro. Le chef de l’État avait dénoncé un processus de paix "pris en otage par des partis politiques" et réclamé un "gouvernement de sortie de crise" qui soit "au service des Ivoiriens et non aux ordres des partis politiques". Le nouveau gouvernement sera chargé de conduire le pays au scrutin présidentiel destiné à tourner la page de la crise de 2002.