La célébration des 50 ans d’indépendance du pays a été marquée par un imposant défilé militaire et civil et de gestes symboliques forts
Le Congo a fêté avec éclat, les cinquante ans de son indépendance, dimanche dernier. Le président de la République, Amadou Toumani Touré et son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, présents dans la capitale congolaise dans le cadre de ces festivités, ont assisté à l’imposant défilé civilo-militaire qui a été le clou de la célébration. A cette occasion historique, Brazzaville avait fait peau neuve pour accueillir les invités et les manifestations concoctées par la commission nationale d’organisation du cinquantenaire. Les artères de la ville avaient reçu un coup de balaie. D’autres ont été carrément réhabilitées. Les anciens bâtiments coloniaux érigés au centre-ville dans les quartiers administratifs ont également reçu un coup de pinceau. Les troncs des arbres qui bordent les rues avaient été badigeonnés de la chaux blanche. Le drapeau national flottait partout : au fronton des édifices, des maisons d’habitation et sur les places publics. Dimanche à huit heures déjà, le grand Boulevard Raoul Alfred qui passe entre le bâtiment du parlement congolais et celui du ministère des Affaires étrangères était noir du monde. Hommes, femmes, jeunes, personnes du troisième âge, s’étaient massés le long des deux côtés de l’artère. A dix heures, tout était en place. Toutes les chaises des invités d’honneur étaient occupées par les personnalités nationales et étrangères invitées. Le chef d’état-major général des armées, le général de division Mondjo Charles Richard accompagné du commandant de la zone de défense de Brazzaville, le colonel Gilbert Bokemba procédèrent à une dernière revue des troupes alignées sur le boulevard avec à leur tête les troupes de pays amis. Aux environs de onze heures, un bus accompagné d’un imposant dispositif de sécurité s’immobilisait dans la cour de l’Assemblée nationale congolaise. Les occupants n’étaient autres que des chefs d’Etat et leurs épouses. Guidés par les agents du protocole, les présidents s’avançaient les uns après les autres sur le tapis rouge étalé au milieu de la chaussée, saluant les couleurs nationales de leurs pays respectifs, tenues par des militaires congolais. Ils étaient accueillis sur place par la Première dame du Congo, Mme Jacqueline Sassou N’Guesso.
TRANSMISSION DE FLAMBEAU. Le président congolais, Denis Sassou N’Guesso arriva finalement sur place aux environs de 11heures 50, débout dans un véhicule militaire. Il était accompagné du chef d’état-major général des armées. Le chef de l’Etat passa en revue les troupes et salua les civils devant participer au défilé, avant de prendre place dans la loge officielle. Le maître de cérémonie pouvait alors donner lecture du programme qui commença par un événement à forte symbolique : la transmission du flambeau entre la génération de l’Indépendance et celle des années 2000. Ce passage de témoin symbolisé par un drapeau blanc a été fait devant le président Sassou N’Guesso, qui s’est personnellement chargé du transfert du drapeau. En recevant l’objet symbolique, le porte-parole de la nouvelle génération a pris l’engagement de continuer l’œuvre commencée les anciens pour conduire le Congo « sur le boulevard de la prospérité ». Le chef de l’Etat congolais a saisi cette opportunité historique qu’est le Cinquantenaire de l’Indépendance pour décerner des distinctions à des personnalités qui ont marqué l’histoire récente du pays ou qui ont laissé leur marque à son processus de développement économique et social. Parmi ces personnalités, les plus illustres sont Fulbert Youlou, Albert Massamba-Débat, Marien Ngouabi, J.J. Yhombi Opango et Pascal Lissouba. Elles ont été élevées à la dignité de la Grande croix de l’Ordre de Mérite du Congo. Les autres récipiendaires sont constitués de personnalités congolaises et étrangères. Ils ont reçu chacun leur distinction des mains du président Sassou N’Guesso. Après la séance des décorations, le défilé pouvait enfin commencer. Mais avant de conduire les troupes, le commandant de la zone de défense de Brazzaville, le colonel Gilbert Bokemba devait prendre des instructions auprès du chef suprême des armées qu’est le chef de l’Etat. "Je vous salue, ainsi que vos hommes et le drapeau national. Je vous autorise à commencer le défilé", autorisa le président Denis Sassou N’Guesso. Ainsi commença le marathon aussi bien sur terre que dans l’air. Il durera environ 4 heures d’horloge. L’honneur est revenu aux troupes des pays amis d’ouvrir le défiler après le passage de la fanfare nationale. Au même moment dans le ciel grondaient les moteurs de 3 hélicoptères de l’armée de l’air congolaise, desquels descendront plus tard trois hommes portant le drapeau national à l’aide d’un escalier en corde en suspension. Dans l’ordre de passage des troupes invitées, c’est une unité d’élite de l’armée angolaise qui a ouvert le bal. Elle a été suivie par des unités spéciales des armées camerounaise, gabonaise, française, libyenne et marocaine, et les commandos parachutistes de l’armée béninoise. Après, ce fut le tour de l’armée congolaise (personnel féminin et masculin) de parader avec en tête des hommes vêtus des anciennes tenues militaires des années 60. Suivront les différentes unités de la gendarmerie nationale, de la garde, de la police, les éléments de la sécurité publique (les forces de maintien de l’ordre) et de la sécurité civile (protection civile). Ensuite passeront successivement les éléments de la marine nationale, du génie militaire et les troupes motorisées, le régiment d’artillerie sol-sol et sol-air de l’armée de terre. Les engins blindés ont mis fin à la partie militaire du défilé. La longue procession des civils a commencé par le personnel de la présidence de la République, suivi de celui de l’administration d’Etat et de la collectivité de Brazzaville, des représentants de la société civile, des corporations professionnelles libérales. La fête s’est poursuivie dans la soirée par un dîner de gala offert aux chefs d’Etat et à leurs épouses dans le jardin du palais présidentiel. Le président de la République, Amadou Toumani Touré et son épouse étaient hier à Libreville au Gabon où ils ont également assisté aux festivités du cinquantenaire de ce pays.
Envoyé spécial A. O. Diallo