mardi 20 février 2018

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Installation des autorités intérimaires : C’EST FAIT A KIDAL !

L’ancien militaire Hassan Ag Fagaga a été nommé
président du Conseil régional de Kidal

Les autorités intérimaires de la Région de Kidal ont été installées mardi après-midi. Pour la cérémonie symbolique, une délégation composée d’une quarantaine de personnes a quitté Bamako pour Kidal. Parmi ces personnalités, il y avait Mahamadou Diagouraga, le Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le représentant de la médiation internationale, l’Algérien Chebihi Boualem, les ambassadeurs français, Evelyne Decorps, américain, Paul Folmsbee, de la délégation de l’Union Européenne, Alain Houlleville, de l’Union africaine, Pierre Buyoya, ainsi que des représentants des groupes armés.

On notait aussi la présence du gouverneur sortant de Kidal. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf.
Après une escale d’une trentaine de minutes à l’aéroport de Gao, la délégation a été scindée en deux groupes : le premier était composé d’officiels et le second des représentants des groupes armés et de journalistes.
L’hélicoptère de la MINUSMA a mis une heure et vingt minutes pour atteindre Kidal au départ de Gao. L’appareil s’est immobilisé à l’intérieur du camp de l’ONU, sous un soleil de plomb, et sous les yeux vigilants des forces de sécurité. Il faut dire que la MINUSMA et les forces françaises de l’opération Barkhane avaient déployé tout ce qu’elles ont comme moyens de sécurité pour que la cérémonie soit une réussite. D’ailleurs aucun incident n’a été enregistré.
Avant de rejoindre le lieu de la cérémonie, la délégation a eu droit à un rafraichissement, et pendant ce temps, des consignes de sécurité ont été données. L’officier qui les donnait sur un ton ferme, annonce que notre vol a pris du retard, donc la cérémonie à laquelle nous sommes conviés sera très brève. La presse est priée d’aller vite. Notre temps de séjour dans la Cité de l’Adrar des Ifoghas est chronométré. Il est temps d’embarquer à bord des véhicules pour l’Assemblée régionale de Kidal qui est toujours entre les mains du HCUA, un groupe armé issu d’Ançardine fondé par Iyad Ag Ghali, représentant local d’Aqmi dans le nord du Mali.
Tous les membres de la délégation sont priés de porter des casques bleus et de prendre place à bord de véhicules blindés de la MINUSMA. Le cortège traverse la ville, sous les regards de quelques curieux. Pas de manifestation, comme d’habitude. Les boutiques et ateliers de soudure de la ville sont ouverts, des jeunes gens sont assis devant ses boutiques en train de prendre du thé. Un calme plat règne sur la ville. Des hommes armés avec le drapeau des groupes armés assurent la sécurité dans la ville, armes au poing, le visage caché derrière les turbans.
Les drapeaux de l’Azawad sont visibles sur les murs de l’école fondamentale, le stade municipal et d’autres bâtiments publics de la ville. Quelques minutes plus tard, nous sommes dans l’enceinte de l’Assemblée régionale de Kidal où se tiendra la cérémonie tant attendue par tout le monde. Les murs sont peints aux couleurs du HCUA. Des hommes armés arborant les drapeaux des groupes montent la garde sur le toit du bâtiment. Les officiels ont pris place au présidium. Face à eux, les autorités intérimaires qui seront installées dans leur fonction. Derrière ces autorités, les habitants de Kidal ou les représentants locaux des groupes armés et la société civile. Une dizaine de femmes sont derrière avec le prétendu drapeau de l’Azawad, scandant « Vive Azawad, Azawad toujours ». Un vieil homme surexcité tente de perturber la cérémonie en vain ».
La cérémonie d’installation a été toute simple. Le gouverneur a procédé au rappel du décret portant nomination des autorités intérimaires. C’est ainsi que l’ancien militaire Hassan Ag Fagaga a été nommé président du Conseil régional de Kidal, dont les autres membres sont : Homeny Belco Maïga, Abda Ag Kazina. Des applaudissements accueillent l’appel des personnalités désignées. Les autorités intérimaires ont porté le drapeau du Mali dans la salle.
Dans son intervention, Brahim Ould Sidatti, le représentant de la CMA, a rappelé que « le processus d’installation des autorités intérimaires amorce concrètement la mise en œuvre de l’Accord, notamment en ce qui concerne le volet politico-institutionnel ». S’adressant aux membres de l’autorité intérimaire, il a indiqué : « en plus de nos sincères félicitations, nous adressons nos encouragements à rester scrupuleusement fidèles aux intérêts des populations. Entre autres priorités nous leur demandons d’accorder une attention particulière aux questions telles que le retour des réfugiés et des déplacés, la mise à jour du recensement et du fichier électoral, le retour et le fonctionnement des services sociaux de base, le retour de la cohésion sociale ainsi que le découpage administratif, etc ». Par ailleurs, le représentant du HCUA a attiré l’attention des parties signataires de l’Accord et des forces en présence sur la nécessité d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, à commencer par celle des membres des autorités intérimaires dans toutes les régions.
Dans cette voie, la CMA leur assure de tout son accompagnement. « Nous lançons un appel pressant aux partenaires pour soutenir les autorités intérimaires, en particulier celles de Kidal, afin de faire face aux urgences que sont : les services sociaux de base, la pénurie d’eau aussi bien en ville qu’à l’intérieur de la région, la pénurie d’électricité, le manque d’hôpital, le manque d’enseignants ».
La médiation internationale, dirigée par le diplomate algérien, Chebihi Boualem, a félicité « les frères maliens d’avoir tout mis en œuvre pour que la cérémonie d’installation des autorités intérimaires soit effective ». Il a aussi encouragé les uns et les autres à aller dans le sens de la paix pour rattraper les temps perdu.
De son côté, la Coordination régionale des organisations de la société civile, par la voie de Attayoub Ag Intalla, a rappelé que malgré les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires dans le développement de la région, certains défis restent à relever tels que : l’accès à l’eau potable, l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire, la cohésion sociale et l’accès au transport notamment les pistes appropriées afin de faciliter le transport des personnes et de leurs biens.
En réponse à toutes ces préoccupations, le ministre Mohamed Ag Erlaf a promis que les services de l’Etat reviendront dans les plus brefs délais. Toutes les dispositions nécessaires seront prises de commun accord avec les forces de la MINUSMA et de Barkhane. Me Harouna Touré, porte-parole de la Plateforme, s’est réjoui de l’installation des autorités intérimaires à Kidal. « Ici, je ne vois ni la CMA, ni la Plateforme. Je ne vois que des frères. Nous resterons frères, plus personne ne nous divisera, inch Allah », a-t-il laissé entendre. Il a demandé le concours de toutes les parties pour la mise en œuvre effective de l’Accord pour la paix.
Pour le 1er adjoint au maire, Abda Ag Kazina, « cette cérémonie d’installation des autorités intérimaires est « une volonté manifeste des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Les populations ont beaucoup souffert et subi la crise. Il est temps d’aller vers l’essentiel. Rien ne sert de mettre en place un organe ou une structure sans moyens. Le premier point, c’est la mise en place du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC). S’il n’est pas mis en place très vite tous ces efforts risquent de tomber à l’eau. Deuxièmement, il faut l’accompagnement matériel et financier de l’Etat et des partenaires ».
Le mandat des autorités intérimaires prend fin en juillet 2017, date à laquelle de nouvelles élections seront organisées. D’ici là, il reste à savoir si certaines autorités auront le temps de s’installer dans leurs bureaux, vu la situation sécuritaire dans certains milieux, à moins que la personne soit proche des groupes armés ou des populations qui les soutiennent. Ce problème ne se pose pas pour le président du Conseil régional, Hassan Ag Fagaga, cet ancien colonel de l’Armée malienne, désormais membre du HCUA.
L’installation des autorités intérimaires des régions de Tombouctou et de Taoudénit est prévue le 3 mars.

A. Diarra
envoyé spécial

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