L’éducation s’acquiert dans la famille et à l’école et façonne l’individu dès sa tendre enfance. C’est pourquoi lorsque la famille démissionne et que l’école déraille, la citoyenneté en prend un coup sérieux. Il fut pourtant un temps dans notre pays où chanter l’hymne national faisait partie des devoirs quotidiens, tout comme la montée et la descente des couleurs nationales. Mais ces dernières années, un relâchement coupable a eu raison de ces bonnes habitudes et de bien d’autres valeurs et principes. L’éducation citoyenne a été expulsée des enceintes scolaires et, en même temps qu’elle, le patriotisme, ce sentiment d’appartenir à une nation commune qui est différent du chauvinisme (qui en est la manifestation exacerbée) et du nationalisme (qui est une idéologie politique). Bonne nouvelle : ces valeurs positives esquissent un retour à l’école comme en atteste cette photo prise ces jours-ci. Des écoles publiques ont renoué avec montée des couleurs et hymne national. Des écoles privées entonnent le « A ton appel Mali … » avant d’entrer en classe. Ce rituel ne produira évidemment son plein effet que dans le cadre d’un programme cohérent d’instruction civique. Le savoir ne doit cependant pas gâcher notre plaisir à l’écoute de ces voix juvéniles accompagnant la montée du drapeau dans les matins clairs. Surtout en cette veille du cinquantenaire de l’indépendance qui prévoit de (re)mettre à l’honneur les symboles forts de la République, tels l’hymne national et le drapeau.