mercredi 18 octobre 2017

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Housseïni Amion Guindo : «LE FOOTBALL DEVIENT DANGEREUX QUAND IL NE RESPECTE PAS L’ETAT»

Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder hier, le ministre des Sports revient sur la dissolution du comité directeur de la FEMAFOOT et annonce la mise en place d’un comité provisoire dans une dizaine de jours

L’Essor : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à retirer la délégation de pouvoir à la Fédération malienne de football ?
Housseïni Amion Guindo : Mercredi 8 mars j’ai décidé de dissoudre l’organe directeur de la Fédération malienne de football pour les raisons que nous connaissons tous. Je ne souhaiterai pas revenir sur tous les points, il faut simplement retenir que depuis  deux, trois ans maintenant notre football traverse une crise sans précédent. Pour résoudre cette crise nous avons voulu nous appuyer sur nos valeurs traditionnelles, sinon sociétales, pour trouver une solution.
Et malgré plusieurs interventions, notamment celle des notables de la famille fondatrice de Bamako, des religieux, musulmans et chrétiens, du Comité national olympique et sportif, de l’Assemblée nationale, de l’ancien président de la République par intérim, Pr Djoncounda Traoré, et même du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, la crise a persisté. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de siffler la fin de la récréation, en dissolvant le comité directeur de la Fédération malienne de football.
L’Essor : Avez-vous mesuré les conséquences d’une telle décision ?
Housseïni Amion Guindo : Je pense que la conséquence d’abord c’est de prouver que notre football nous appartient. Et notre football ne sera pas l’affaire de quelqu’un d’autre en dehors de nous mêmes. Au niveau de la FIFA, je pense que nous sommes engagés à travers des conventions internationales. Quand la première sentence du TAS est tombée, je suis allé en Suisse, pour demander à la FIFA de venir régler le problème. Ensuite quand je suis revenu, j’ai envoyé une lettre à la FIFA pour renouveler ma demande. La FIFA nous a répondu en disant qu’elle a saisi la fédération et que celle-ci est en train d’appliquer la sentence du Tribunal arbitral du sport. Elle a ajouté que si ultérieurement, il s’avérait que cette sentence n’a pas été respectée, qu’elle va prendre ses responsabilités.
C’était le 28 novembre 2016. Après l’assemblée générale extraordinaire de Sikasso, nous avons mis à la FIFA, pour savoir si la sentence a été appliquée ou non ? Nous avons fait deux mois à attendre une réponse. Et ensuite dans la réponse qu’elle nous a adressée, la FIFA a indiqué qu’il y a une autre plainte et qu’il faut attendre. Nous sommes un Etat souverain, qui ne peut accepter d’être trimbalé par une instance sportive aussi puissante soit-elle. Nous avons interrogé la FIFA par rapport à la sentence qui avait été déjà prise. Le Mali a aussi le droit de faire appliquer les règles dans son pays. Nous avons compris que la FIFA ne sera pas la solution à cette crise et de façon souveraine nous avons pris la décision de dissoudre l’organe directeur de la Fédération malienne de football.
L’Essor : Ne craignez-vous pas une sanction de la FIFA ?
Housseïni Amion Guindo : Aujourd’hui qu’est ce qui va se passer ? La FIFA va suspendre le Mali à cause de certains Maliens qui veulent tout mettre en œuvre pour rester aux affaires. Mais cela ne se fera jamais ! L’Etat prendra toutes les dispositions pour que ces personnes assument les conséquences de leurs actes.
L’Essor : Concrètement qu’attendez-vous de l’ancien comité directeur de la FEMAFOOT ?
Housseïni Amion Guindo : La suspension du Mali aujourd’hui n’est pas une affaire de l’Etat, mais plutôt de ceux qui ont été sortis de la fédération. Ce que je leur ai demandé, c’est d’écrire eux-mêmes à la FIFA, pour dire qu’ils sont républicains, légalistes, et qu’ils sont derrière la décision de leur Etat. Dans ces conditions le Mali ne serait pas suspendu.
L’Essor : Et s’ils ne font pas, en tant que premier responsable du football malien qu’envisagez-vous de faire ?
Housseïni Amion Guindo : S’ils ne le font pas, on prendra les mesures nécessaires pour résoudre cette crise. Ce qu’il faut savoir, nous avons pris un avocat à Lausanne et toutes ces correspondances échangées avec la FIFA sont des preuves de la bonne foi de l’Etat malien. La FIFA n’est pas au dessus de notre Etat et ne le sera jamais. Si elle s’avisait à suspendre le Mali, nous allons attaquer sa décision. Nous avons plusieurs voix de recours, mais le plus important pour nous, c’est faire d’abord l’autopsie de la situation du football, trouver des personnes crédibles, mener des réflexions pour sortir notre pays définitivement de cette crise. Nous allons choisir des hommes et des femmes capables de trouver une solution à la crise. Le football malien ne sera jamais devant l’Etat malien. Le football devient dangereux quand il ne respecte pas l’Etat.

Interview réalisée par
S. S. KAMISSOKO

Crise de la FEMAFOOT : LA FIFA DONNE UN ULTIMATUM AU GOUVERNEMENT

Vingt-quatre heures après la dissolution du comité exécutif de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) par le gouvernement, la FIFA a réagi. Dans une correspondance datée d’hier et signée par la secrétaire générale, Fatma Samoura, l’instance dirigeante du football rappelle que « selon les articles 14 par.1 let. i) et 19 des statuts de la FIFA toutes les associations membres doivent gérer leurs affaires de façon indépendante. La FIFA ajoute que si elles ne sont pas en situation de le faire, elles sont passibles de sanctions de sa part. Ces sanctions peuvent inclure une possible suspension, « même si l’ingérence n’est pas imputable à l’association membre concernée ».
La FIFA considère donc que « la décision ministérielle du 8 mars 2017 va à l’encontre de ce principe et sa mise en œuvre constituerait une interférence dans les affaires internes de la FEMAFOOT ». L’instance dirigeante du football mondial demande alors à la FEMAFOOT de bien vouloir en informer le ministre des Sports et « lui indiquer qu’au cas où la décision ne serait pas annulée à la date de vendredi, 10 mars 2017, le cas sera automatiquement soumis au bureau du conseil de la FIFA pour considération ».Si la FIFA a réagi aussi promptement, c’est parce qu’elle a été saisie de façon diligente par le bureau fédéral dissout par le ministre des Sports Housseini Amion Guindo. En effet, quelques heures après la décision ministérielle, le comité exécutif de la Fédération malienne de football a tenu une réunion d’urgence à l’issue de laquelle il a été décidé d’expliquer la situation à la CAF et à la FIFA. La réponse de la FIFA ne s’est pas fait attendre et est assortie d’un ultimatum.
C’est donc un bras de fer qui s’engage entre la FIFA et l’Etat à travers le ministère des Sports. La crise au sien du football malien dure depuis plus de deux ans. Les récentes contre-performances de nos équipes sont directement et indirectement liées à cette crise. La décision ministérielle a été différemment appréciée. Comme le dit l’adage : « le vin est tiré, il faut le boire ». Il est peu probablement que le gouvernement respecte l’ultimatum de la FIFA. Dans ce cas, notre football devra certainement faire les frais d’une sanction de l’instance dirigeante football mondial. Avec comme conséquences immédiates le retrait de nos représentants des compétitions continentales de clubs.
L. M. DIABY

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(1) Commentaire

  1. Ba Dembele

    Il serait préférable de reculer pour mieux sauter. Dans ces conditions inacceptables une suspension du mali de toutes compétitions même de deux ans ne dérange absolument pas. A bon entendeur

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