lundi 23 octobre 2017

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Guinée : les victimes du stade de Conakry attendent encore que justice soit faite

Le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009 à Conakry

En ce jour de fin septembre 2009, les opposants au régime militaire de Conakry se rassemblent dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, Moussa Dadis Camara, ne se représente pas à la prochaine élection présidentielle. Soudain, les militaires de la garde présidentielle ouvrent le feu à l’arme automatique sur la foule. Les forces de défense et de sécurité du gouvernement guinéen tirent, battent, poignardent et violent sans retenue.

Ce massacre constitue un « crime contre l’humanité« , affirmait dans un rapport publié le 21 décembre 2010 la Commission d’enquête internationale nommée par l’ONU. Elle en imputait la responsabilité au Capitaine Moussa Dadis Camara, mais le rapport cite aussi parmi les plus directement impliqués dans ces crimes, le lieutenant Aboubacar Sidiki Chérif Diakité (Toumba), le commandant Moussa Thiegboro Camara, chef des services spéciaux, le capitaine Claude Pivi.

Des centaines de victimes ont déposé plainte devant les tribunaux guinéens, représentées par la FIDH qui mène depuis des années un travail de documentation, recueillant systématiquement les témoignage et portant devant la justice l’ensemble des informations recueillies.

Quelle est l’importance de ce procès ?

Il s’agit de rétablir une vérité judiciaire, mais aussi une vérité historique : que s’est-il passé au stade et dans les quartiers environnante ce 28 septembre 2009 et les jours suivants ? Ce procès répond à un devoir de vérité – et de réparation – pour les victimes, mais il s’inscrit aussi dans un processus de réconciliation nationale. Les victimes du 28 septembre ne sont pas les seules victimes en Guinée. Le massacre au stade est l’un des derniers épisodes d’une longues séries d’atteintes aux droits de l’homme en Guinée – on peut aussi parler du camp Boiro, des répressions de 1985 ou de 2007. Ce cas est emblématique, mais il faut une approche globale des victimes de la volonté politique et militaire de l’Etat.

A quand le jugement ?

Le temps de la justice est long. Il y a des délais légaux à respecter, dans tous les pays. Ici encore plus, car la justice guinéenne vient de très loin. Elle a longtemps été soumise à l’arbitraire politique. Un vrai effort a été engagé en 2010 de rompre avec l’impunité qui a prévalu, mais les choses se font progressivement. Il est trop tôt pour dire si le procès durera 3, 6 ou 9 mois. Tout dépend des juges.

Huit ans, c’est beaucoup pour les victimes, mais pour une procédure de cette complexité, avec des gens qui ont fui la Guinée ou qui ont continué à occuper des postes de responsabilité, le résultat, au bout de huit ans, est sérieux, surtout si l’on considère les conditions matérielles dans lesquelles travaillent les magistrats.

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