Gao : LE MARCHÉ DES FRUITS ET LÉGUMES SOUS TENSION

Mme Maïga Aminatou Samba vendant des fruits et légumes au marché Daniel Boiteux

Les commerçantes font la navette entre Gao et le Niger pour acheter les fruits et légumes en provenance du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Nigéria, du Bénin et du Ghana
«Les fruits et légumes développent l’organisme et le protègent contre les maladies. Nous vivons avec les microbes qui sont des êtres vivants et qui libèrent leurs parasites toxines dans nos corps. Cependant les fruits et légumes purifient ces toxines abandonnées», explique le médecin chef du Centre de santé de référence de Gao, Youssouf Almoustapha Touré.
Notre interlocuteur conseille de manger régulièrement des fruits et des légumes pour le développement et la protection du corps humain. Mais manger des fruits et légumes à Gao n’est pas à la portée de toutes les bouses. Ils sont très souvent rares et s’ils sont disponibles sur le marché, ils coûtent très cher. Il s’agit des oranges, des bananes, des mangues, des raisins. Pour les légumes frais et les tubercules, on peut citer les oignons, les concombres, l’igname, la pomme de terre, les tomates, le gingembre, les choux et la carotte. Dans la cité des Askia, les fruits et légumes coûtent excessivement cher. La ville est approvisionnée en fruits et légumes par le Niger qui est considéré comme un pays de transit.
Nous avons approché certaines commerçantes qui font la navette entre Gao et le Niger pour acheter les fruits et légumes en provenance du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Nigéria, du Bénin et du Ghana. Sur le marché à Gao, les prix des fruits et légumes ont encore flambé en ce mois de Ramadan. Au marché des fruits et légumes baptisé «marché Daniel Boiteux» au 5è quartier (Djoulabougou), la ménagère Mariama Maïga du quartier Boulgoundié nous confié qu’elle est venue au marché avec la somme de 2000 FCFA pour acheter des condiments mais aussi des fruits. «Avec cette somme, je n’ai pas pu trouver tous les ingrédients pour ma sauce à fortiori les fruits pour le dessert. Je me demande pourquoi pendant le Ramadan, les commerçants de notre pays augmentent les prix», s’alarme-t-elle. Au même marché, nous avons aussi interrogé Mme Traoré Kadia Tangara. Elle se plaint, elle aussi, de la flambée des prix. «Je suis venue au marché des légumes avec 7 500 FCFA. Le kilo de la pomme de terre qu’on a l’habitude d’acheter à 500 Fcfa, coûte 700 FCFA maintenant. L’oignon aussi qui se vendait à 200 FCFA le kilo, avec le Ramadan il se vend à 500 FCFA», a révélé Mme Traoré. Bréhima Diakité, agent du BTP au bureau de contrôle BIRAD, venait juste d’acheter le kilo d’orange à 2000 FCFA. «C’est le coût de transport qui fait que ces fruits deviennent très cher sur le marché. Je suis Ségovien et je n’ai jamais imaginé que je pouvais acheter une mangue à 350 ou un kilo de banane à 1000 FCFA quelque part au Mali», raconte-t-il.
Mme Maïga Aminatou Samba est commerçante des fruits et légumes au marché Daniel Boiteux. Elle a commencé ce commerce très jeune. «Je suis née d’une famille de maraichers à Djidara. Depuis ma tendre enfance, j’ai appris avec mes parents ce travail. A cette époque si je n’avais pas des cours à l’école, je partais au marché pour acheter des fruits et légumes avec les grossistes pour les revendre», se souvient-elle. Actuellement, Mme Maïga Aminatou Samba est devenue grossiste. Toutes les femmes vendeuses ambulantes des fruits et légumes viennent d’approvisionner chez elle. «Souvent je quitte le mardi à 4 heures du matin à Gao pour arriver au Niger à 12 heures. Je fais mes achats pour quitter le mercredi. Le Niger n’est qu’un pays de transit des fruits et légumes. Nous, commerçantes de la région, achetons la pomme de terre à Gao avec les Algériens à 375 FCFA le kilo pour le revendre à 400 FCFA. Pendant le mois de Ramadan, on achète le kilo de la pomme de terre avec les mêmes Algériens à 500 Fcfa pour le revendre à 600 FCFA », explique la commerçante. Elle ajoute que l’oignon vient d’Ansongo et son kilo est vendu à 150 FCFA ou 200 FCFA. Au Niger un sac de 50kg du gingembre coûte 20 000 FCFA et les commerçantes de Gao revendront le kilo à 1000 Fcfa. Le sac de 50kg de concombre coûte 15 000 et parfois 7 500 FCFA. A Gao, les commerçants cèdent l’unité à 200 FCFA.
Dans la cité des Askia, le kilo des oranges du Niger est vendu à 1000 FCFA et le kilo de l’orange communément appelée «tangilo» qui vient du Maroc fait 1 500 à 2000 FCFA. La mangue qui vient du Niger est vendue à l’unité à 350 F cfa. Le kilo du raisin coûte 5000 F CFA dans la Région de Gao. Le sac de 50 kg du citron est cédé à 60 000 FCFA au Niger, il est détaillé en sachet en raison de 500 FCFA à Gao.
«J’ai appris beaucoup de choses avec le commerce des fruits et légumes. Avec mes bénéfices, j’ai construit une maison en dur et je paie les frais de scolarité de mes enfants qui sont inscrits dans des écoles privées», raconte Mme Maïga Aminatou, qui fait partie des responsables de l’association des femmes du marché Daniel Boiteux de Gao.
Abdourhamane TOURÉ
AMAP-Gao.

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