jeudi 17 août 2017

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Entrepreneuriat des jeunes : éCHANGE DE HAUT NIVEAU SUR LA PROBLEMATIQUE

Plusieurs ministres ont participé au débat

A l’occasion de sa traditionnelle rentrée annuelle, le REAO a réuni des membres du gouvernement et des chefs d’entreprises pour un brainstorming qui a permis de récolter beaucoup d’idées

Le Réseau de l’entreprise en Afrique de l’ouest (REAO-Mali) a organisé vendredi dernier, sa traditionnelle conférence débat de rentrée annuelle. Cette rencontre qui en est à sa 8ème édition avait pour thème cette année « l’entrepreneuriat – jeunes : quel environnement ? ».
Comme d’habitude, l’événement s’est déroulé autour d’un dîner dans la salle de conférence de l’Hôtel Azalaï Salam. Il a été présidé par le ministre du Développement industrielle, Mohamed Aly Ag Ibrahim, représentant le Premier ministre, Modibo Kéïta. Le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim avait à ses côtés, ses collègues de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mahamane Baby, du Travail, de la Fonction publique chargé des Relations avec les Institutions, Diarra Raky Talla, de l’Equipement et du Désenclavement, Diop Zeynabou Traoré, de l’Economie numérique et de la Communication, Porte parole du gouvernement, Me Mountaga Tall, de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Amadou Koïta, de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Kéïta Aïda M’Bo. Le thème de cette année a été présenté par Daha Tidiane Ba, qui a introduit son exposé par la présentation des projets et programmes en cours de réalisation au niveau du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Il s’agit notamment du PROCEJ, financé à concurrence de 63 millions de dollars, environ 35 milliards de Fcfa par la Banque mondiale et le Mali et du projet FIER, qui va coûter aux contribuables maliens et à la FAO 50 millions de dollars, environ 28 milliards de Fcfa.
Le paneliste s’est beaucoup étendu aussi sur les actions de l’APEJ et de l’ANPE en faveur de la promotion de l’emploi des jeunes. Mais, à le croire, toutes ces initiatives concourant à la promotion de l’entrepreneuriat jeune gagneraient en efficacité si elles arrivaient à lever trois goulots d’étranglement qui constituent des freins à l’épanouissement des jeunes entrepreneurs. Ces goulots d’étranglement portent sur les difficultés d’accès au financement, l’absence d’accompagnement des jeunes entrepreneurs nouvellement installés et les difficultés d’accès aux marchés.
Selon le conférencier, les jeunes ont besoin d’être coachés jusqu’à ce qu’ils arrivent à voler de leurs propres ailes. Ses propos ont été corroborés par les témoignages des jeunes dans un magazine dont la projection a permis d’édifier davantage l’assistance.
Le président du REAO, Houd Baby a lui aussi jugé que les projets et programmes mis en œuvre par l’APEJ, l’ANPE, le PROCEJ et autres par le gouvernement gagneraient en efficacité si l’on mettait tout d’abord l’accent sur la formation en entrepreneuriat en coordination avec les chefs d’entreprises qui ont fait leurs preuves. Ces derniers, estime-t-il, pourraient prodiguer des conseils aux jeunes débutants.
Sur ce sujet, le ministre de l’Economie et des Finances, Boubou Cissé, dira que l’Etat fait déjà ce qu’il peut. Il a rappelé les moyens colossaux mobilisés par l’APEJ pour la promotion de l’emploi des jeunes, notamment dans la branche « entrepreneuriat ». Au total, l’APEJ mobilise chaque année environ 10 milliards de Fcfa, a précisé le ministre Boubou Cissé.
De son côté, le directeur général de la Banque malienne de solidarité, (BMS-SA), Babaly Ba, qui est le partenaire stratégique de l’APEJ dans le financement des projets d’entreprises des jeunes, a indexé le taux élevé des impayés.
Intervenant dans le débat, le ministre de l’Equipement et du désenclavement, Diop Zéynabou Traoré, a mis le doigt sur la résistance des jeunes à fédérer leurs énergies dans des entreprises plus solides pour conquérir de gros marchés. Selon elle, ils ne sont pas non plus très favorables à la sous traitance. Tous veulent des marchés de milliards à leur début ce qui n’est pas possible au regard du code des marchés publics », a-t-elle fait remarquer tout en suggérant aux jeunes d’accepter de s’associer à d’autres pour former des entreprises viables. Surtout que la loi sur la création des entreprises a revu considérablement à la baisse le capital exigible pour la création des entreprises. Qui passe de un million de Fcfa à 5000 Fcfa et le délai de création est réduit à trois jours.
Pour sa part, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Mountaga Tall, a focalisé son intervention sur les opportunités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication. Le secteur, un moment, était perçu comme une menace sérieuse pour les emplois. Mais il s’est avéré qu’en même temps qu’elle écrase des emplois, elle crée de nouvelles opportunités sur le marché de l’emploi.
Quant au ministre de la Fonction publique chargé des Relations avec les Institutions, Raky Talla, elle a axé son intervention sur la promotion de l’emploi décent et la nécessité de sécuriser les emplois. Une préoccupation à laquelle s’attèle en ce moment le Bureau international du travail (BIT). Selon elle, il ne s’agit pas de parler de la promotion de l’emploi, il faut aussi se soucier de la pérennité des emplois créés. D’où l’importance de sécuriser les emplois. C’est dans ce cadre que de plus en plus les assurances sont appelées à assurer les emplois, notamment ruraux, qui sont le socle de notre économie.
Le ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne a lui promis d’associer le REAO aux prochaines activités des camps de la jeunesse. Amadou Koïta a rappelé que par le passé, son département travaillait avec les artisans et les partenaires au développement qui les aidaient à installer les jeunes formés en mécanique ou électricité auto, en électricité bâtiment, menuiserie bois et métallique, etc. A la fin du cycle, les jeunes étaient équipés d’un kit avant d’être libérés pour qu’ils aillent s’installer sur le site de leur choix.
En réaction au témoignage d’un jeune entrepreneur qui affirmait qu’on n’a accès à des marchés publics qu’en utilisant des méthodes peu recommandables, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Me Mamadou Konaté, a informé l’auditoire que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta a signé, vendredi dernier, le décret portant nomination des membres de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite.  Signalons qu’à l’entame de la conférence, le président du REAO, Houd Baby, a rappelé que c’est parce que la Fonction publique n’est plus un réservoir d’emplois extensibles à souhait, que le secteur privé est appelé à voler au secours de l’Etat pour absorber le flot de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Selon lui, beaucoup de jeunes dont les têtes fourmillent de projets bancables n’attendent que d’être guidés et encouragés. Il en appelle donc au sens de la solidarité à l’endroit des chefs d’entreprises, des décideurs politiques et économiques et des parents pour tendre la main à ces dizaines de milliers de jeunes (diplômés ou non) sans de réelles perspectives d’embauche.
C’est une responsabilité sociétale et historique que de donner à ces jeunes leur chance. « Nous devrions offrir à notre jeunesse, une raison d’espérer au moment où le désespoir pousse les bras valides de notre pays à emprunter les terribles routes de l’immigration », a-t-il plaidé avant d’ajouter qu’il est grand temps que les décideurs publics optent définitivement pour des formations en adéquation avec les besoins du marché de travail. Les parents, selon lui, doivent à leur tour pousser les jeunes à opter pour des formations professionnelles qui leur permettent d’aller à la conquête de leur premier emploi.
A. O. Diallo

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