EDITORIAL

PostHeaderIcon Somalie : LES INSURGÉS SHEBAB DÉSERTENT MOGADISCIO

Les insurgés islamistes radicaux shebab ont abandonné leurs positions à Mogadiscio.

Somalie : LES INSURGÉS SHEBAB DÉSERTENT MOGADISCIO

Plusieurs témoins avaient indiqué le départ de la capitale de nombreux combattants shebab, dans la nuit du vendredi à samedi entre 03H00 et 05H00, après des combats avec les forces gouvernementales et leurs alliés de la force de l’Union africaine (Amisom). Cette déroute des insurgés a été accueillie comme une victoire cruciale par le président somalien qui a promis de les chasser du reste du pays. "Mogadiscio a été complètement libérée de l’ennemi et le reste du pays sera également bientôt libéré", a déclaré à la presse le président Sharif Cheikh Ahmed. Mais, un porte-parole des shebab, Ali Mohamed Rage, a évoqué "un changement de tactique militaire" pour expliquer ce retrait. "Les combattants moudjahidine ont mis en œuvre un changement de tactique militaire contre les ennemis d’Allah et, bientôt, vous entendrez une bonne nouvelle", a déclaré le porte-parole sans plus de précisions. Ce départ nocturne en catimini a pris de court nombre d’acteurs du conflit somalien : à la mi-journée, l’Amisom vérifiait si le retrait des shebab de la ville était vraiment total. "Nous sommes très, très prudents : il pourrait s’agir d’un piège", a déclaré le porte-parole de l’Amisom, le major Paddy Ankunda. Lentement, les troupes du gouvernement somalien (TFG) et leurs alliés de la force de l’Union africaine progressaent hier dans les quartiers désertés la veille par les insurgés shebab dont quelques éléments sont restés en ville, provoquant accrochages et incitant les habitants à la plus grande prudence. Chars et engins blindés de l’Amisom ont pénétré avec précaution dans le quartier du stade, dans le nord de la ville, à la recherche d’éventuels engins explosifs dissimulés sur le bord de la route et d’insurgés embusqués. Ce retrait devrait se traduire, dans un premier temps, par la fin des combats quasi-quotidiens qui opposaient les deux camps à l’artillerie lourde, faisant de très nombreuses victimes civiles. Les shebab, qui contrôlent la majeure partie du centre et du sud du pays, ont juré la perte du TFG, soutenu par la communauté internationale. Les combats et l’insécurité qui règnent à Mogadiscio handicapent fortement l’organisation et la distribution de l’aide humanitaire dans un pays touché par la sécheresse.