EDITORIAL

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Le second tour de l’élection présidentielle en Guinée se fait toujours attendre. En attendant l’impatience se lit sur le visage des protagonistes, même s’ils s’efforcent de faire bonne figure en maintenant l’espoir.

Les fractures

Le médiateur de la crise guinéenne, le président burkinabé Blaise Compaoré est arrivé hier à Conakry, où il a eu des entretiens avec les autorités et les principaux protagonistes de l’élection présidentielle. Il s’est prononcé pour l’organisation "le plus rapidement possible" du second tour de la présidentielle dont la date n’a pas encore été fixée. "Nous souhaitons que ce 2e tour s’organise le plus rapidement possible", a déclaré Compaoré devant le président Sékouba Konaté, son Premier ministre Jean-Marie Doré, les membres du gouvernement et du Conseil national de la transition (CNT), ainsi que les représentants des partis politiques. "Si, pour des élections aussi majeures vous laissez beaucoup de temps entre deux tours, vous allez voir se créer d’autres désillusions qui vont perturber le processus", a-t-il ajouté sous les applaudissements. En attendant les alliances sont entrain de se former. Ainsi, la semaine dernière, c’est Sidya Touré qui a ouvert le bal des ralliements en appelant ses électeurs à voter pour Cellou Dalein Diallo. Lundi, c’est au tour d’Alpha Condé d’obtenir le ralliement de Lansana Kouyaté. Pour ce second tour à venir, Cellou Dalein Diallo fait figure de favori. Fort de ses 43 % du premier tour, le leader de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) pourra compter sur les soutiens de Sidya Touré, qui a totalisé plus de 13% des suffrages, et de plusieurs autres plus petits candidats ayant séduit quelques milliers d’électeurs. Alpha Condé est lui dans la peau de l’outsider. Pour espérer l’emporter, le patron du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée), n’a pas ménagé ses efforts afin d’engranger des ralliements. Pour combler son retard, l’opposant historique mise également sur les centaines de milliers d’électeurs qui se sont abstenus ou dont le vote a été invalidé lors du scrutin du 27 juin. Reste la question de la date du second tour. Cellou Dalein Diallo veut aller vite aux élections, si possible le 22 août. Alpha Condé, lui, voudrait que le scrutin soit un peu décalé pour règler les problèmes constatés au premier tour. Au sein des autorités de la transition, Jean-Marie Doré, le Premier ministre est, lui, favorable à un report plus lointain, peut être en décembre. Peut-être que le médiateur burkinabé parviendra à réconcilier les protagonistes sur une date précise pour sortir de l’imbroglio politique.