Le problème du nucléaire est au centre des préoccupations des Nations Unies. Quelque 150 pays participent depuis lundi à New York à la conférence de suivi du traité de non-prolifération (TNP).
Le TNP, vieux de 40 ans et signé par 189 pays, est crédité d’avoir limité la prolifération nucléaire dans le monde. Cinq États ayant procédé à des essais nucléaires avant 1967 sont actuellement considérés comme puissances nucléaires officielles : États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine. Ils sont les seuls autorisés légalement à détenir l’arme nucléaire aux termes du traité, conclu en 1968, qui implique des accords de garanties avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). L’Inde et le Pakistan, puissances nucléaires déclarées depuis leurs essais atomiques de mai 1998, procèdent régulièrement à des tirs d’essais de missiles. Les deux pays n’ont pas souscrit aux obligations du Tnp. La Corée du Nord, qui est sortie du Traité en janvier 2003, a fait exploser sa première bombe atomique en octobre 2006, et une seconde le 25 mai 2009. Israël, qui refuse de signer le Tnp, dispose selon les experts militaires étrangers d’un arsenal comprenant entre 100 et 300 ogives nucléaires. L’Iran, qui maîtrise l’enrichissement de l’uranium, est soupçonné par les pays occidentaux de mener en secret un programme nucléaire à des fins militaires, ce qu’il nie. Téhéran assure que son programme d’enrichissement d’uranium est uniquement civil. La Syrie, l’Egypte, le Nigeria et Taïwan sont soupconnés d’avoir des activités nucléaires militaires. Plusieurs pays ont officiellement renoncé à un armement nucléaire : Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Kazakhstan, Bélarus, Ukraine, Libye. Cette conférence quinquennale sur le TNP vise à progresser en matière de désarmement et à renforcer la surveillance des programmes nucléaires dans le monde. Elle survient alors que le Conseil de sécurité débat d’un projet occidental de nouvelles sanctions contre l’Iran. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a d’ailleurs appelé l’Iran à se conformer pleinement aux résolutions du Conseil. Celles-ci exigent à ce pays la suspension de ses activités d’enrichissement d’uranium et de coopérer totalement avec l’Aiea pour rassurer le monde sur la nature pacifique de son programme nucléaire. Il a exhorté Téhéran à accepter l’échange de combustible nucléaire proposé par l’AIEA en octobre dernier, affirmant que "ce serait une importante mesure de rétablissement de la confiance". Cette solution est dans l’impasse, l’Iran insistant pour que l’échange de matériels s’effectue en une seule fois et sur son sol, ce qui est rejeté par les autres puissances. L’Iran s’en est pris violemment aux États-Unis en début de semaine, les accusant de menacer le monde de leurs armes nucléaires mais s’est attiré une vive réplique américaine et un boycottage de nombreuses délégations. En attendant la fin de la conférence prévue jusqu’au 28 mai, souhaitons que les différentes parties puissent revenir en de meilleurs sentiments pour trouver des solutions consensuelles sur la question du nucléaire. La stabilité du monde en dépend.