EDITORIAL

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Les Somaliens vivent dans l’insécurité et la précarité à cause de la guerre civile qui destablise leur pays depuis 1991. Malgré la forte implication de la communauté internationale, le pays ne parvient pas à retrouver son unité depuis la chute du président Mohamed Siad Barre.

Instabilité permanente

De nos jours, la Somalie ressemble à un "no man’s land", où chaque camp essaye de déloger l’autre par la force. Il faut souligner que le pays est partagé entre plusieurs factions rivales qui se disputent le pouvoir. Les shebab, qui se réclament d’Al-Qaïda et de l’idéologie du jihad mondial, tiennent l’essentiel du centre-sud de la Somalie. Ces insurgés islamistes lancent régulièrement des attaques contre le TFG et l’Amisom à Mogadiscio, qui modifient rarement le rapport de forces. Le gouvernement de transition (TFG) ne contrôle que quelques quartiers de Mogadiscio, avec le soutien de 6.000 soldats ougandais et burundais de l’Union africaine (Amisom). Ces troupes sont déployés dans des secteurs stratégiques comme l’aéroport, le port, la présidence et plusieurs importants carrefours. Le pays est en proie aux violences. Les shebab mènent depuis lundi une vaste offensive dans la capitale contre le gouvernement somalien de transition (TFG) et les troupes de l’Union africaine l’Amisom, opération baptisée "éliminer les apostats". Au moins 68 civils ont péri en trois jours, parmi lesquels 33 personnes dont quatre parlementaires et non six ont été tuées mardi dans une attaque-suicide des shebab contre un hôtel abritant députés et officiels du TFG. Les autres victimes ont été fauchées par des tirs de mortiers ou des balles perdues. Un des objectifs affichés des insurgés avec cette opération est de couper la longue avenue menant de l’aéroport à la présidence, axe routier vital tenu par le TFG et l’Amisom. Hier, les belligérants affirmaient avoir progressé et infligé la défaite au camp adverse mais leurs déclarations ne pouvaient être vérifiées de source indépendante. Le gouvernement de transition ainsi que le patron de l’Amisom, Boubacar Gaoussou Diarra, ont condamné "cette attaque contre des civils innocents". L’Ethiopie, dont les troupes avaient occupé la Somalie de 2006 à 2009, a de son côté appelé à la "destruction des shebab et de leurs combattants étrangers qui ne cessent de semer la mort et le chaos". Début août, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi avait évoqué un possible retour de ses troupes dans "l’hypothèse improbable" où l’Amisom aurait besoin d’être secourue. Les États-Unis, la Grande Bretagne et la France ont condamné ces violences. Le pape Benoît XVI a également espéré hier "qu’aucun effort ne sera épargné pour rétablir le respect de la vie et des droits de l’homme". La communauté internationale doit prendre des mesures adéquates pour contrer la menace de ces insurgés islamistes et sécuriser l’ensemble du pays.