L’ex-otage franco-colombienne de la guérilla des Farc, Ingrid Betancourt, a renoncé hier à demander à l’Etat colombien une indemnisation de près de huit millions de dollars (3,6 milliards Fcfa) pour son enlèvement.
L’avocat représentant l’ex-otage, Gabriel Devis, a "manifesté qu’il renonçait aux requêtes aux fins de conciliation extrajudiciaire" qu’il avait présentées le 30 juin, a annoncé la section du parquet en charge du contentieux administratif, en précisant que cette procédure était désormais "close". Ingrid Betancourt et ses proches avaient présenté le 30 juin une requête estimant que l’Etat devait leur verser quelque 15 milliards de pesos (environ huit millions de dollars) pour les dommages économiques et moraux entraînés par ses six années passées aux mains des Farc. L’ex-otage de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) avait estimé que l’Etat avait insuffisamment assuré sa sécurité le 23 février 2002, jour de son enlèvement sur une route du département de Caqueta, qu’elle avait empruntée en dépit de recommandations contraires des forces de l’ordre. La requête, révélée vendredi, a déclenché en Colombie une vague d’indignation, y compris au sommet de l’Etat. Le vice-président Francisco Santos l’a qualifiée de "prix mondial de l’ingratitude", tandis que le ministère de la Défense rappelait que l’ex-candidate à la présidentielle de 2002 avait été libérée lors d’une opération militaire durant laquelle "des femmes et les hommes avaient risqué leur vie", le 2 juillet 2008. Si désormais l’ex-otage des FARC s’est ravisée, elle a semé, sans le savoir, la graine de compensation à l’inverse dans les esprits des autorités françaises. Ainsi, la semaine dernière, les autorités françaises envisageaient d’étudier la possibilité de faire payer aux citoyens français pris en otages le coût de leur libération. Le ministère français de la Défense estime que les frais engagés pour libérer les otages français sont de plus en plus onéreux et envisagent de faire payer l’ardoise aux victimes, notamment ceux qui en dépit des avertissements des autorités s’aventurent sur des pays déconseillés. On se rappelle que Paris avait largement relayé sur ses antennes (ministère des Affaires étrangères, chancelleries) une certaine information pour déconseiller la destination de notre pays à ses citoyens pour raison d’insécurité dans le nord du Mali. Il s’est trouvé fort opportunément des Français et non des moindres comme des députés qui ont bravé l’interdiction et se sont rendus à Tombouctou pour démentir les allégations rapportées. Le Niger vient de rapatrier récemment ses citoyens faits prisonniers en Libye sans leur demander un sou. Niamey estime que leur souffrance endurée n’a pas de prix, c’est pourquoi, il ne songe même pas à encombrer leur esprit d’une requête dont l’objectivité est discutable.