Au fur et à mesure que se rapproche la période cruciale, les acquis se confirment et les incertitudes se précisent pour le Mali, pays organisateur de la CAN 2002.
Les premiers ont déjà été pris en compte par la Confédération africaine de football et expliquent pourquoi les quatre poules seront basées dans trois villes (dont deux à Bamako) alors que Mopti et Kayes se limiteront à accueillir à trois rencontres chacune. On comprend le dépit des Mopticiens qui estiment avoir fait le maximum pour avoir le droit d’héberger au moins un des camps de base. On comprend aussi le soulagement des Kayésiens qui s’étaient implicitement estimés hors course et qui se voient offrir une belle prime à l’effort. On comprend beaucoup moins bien le relâchement de Ségou qui a la faiblesse de juger son choix naturel en raison de sa proximité d’avec la capitale. Faiblesse peut-être compréhensible, mais qui n’excuse pas une perte de dynamisme dans le sprint final. L’acquis, c’est aussi le coup d’accélérateur que donne une implication présidentielle de plus en plus grande. Certains pourraient trouver envahissante cette présence marquée du chef de l’Etat. Mais ceux qui ont assisté aux réunions Présidence-Gouvernement-COCAN admettent en toute objectivité que sans des injonctions venues du sommet certaines situations auraient persisté dans un flou regrettable et que la mise en perspective de certains problèmes n’aurait pas été faite. Reste que le chef de l’Etat n’est pas un "deus ex machina" et que la complexité de ce qui nous faut résoudre dans les domaines de l’accueil, de l’hébergement, du transport et de la restauration doit imprégner l’esprit de tous les organisateurs. Et leur insuffler ce qu’un ami appelait un "stress stimulant". Il reste une toute dernière inquiétude qui ne se résoudra pas dans un intense brain-storming, mais dans l’évaluation objective de la situation par un comité restreint de vrais techniciens. Cette inquiétude concerne la préparation de l’Equipe nationale. Celle-ci avait raté sa meilleure chance de préparation à la CAN 2002 en se faisant éliminer dès les préliminaires du Mondial par la Libye. Depuis ce moment nous avons eu droit à toute une gamme de "sélections" nationales. Mais jamais n’a été mise sur pied une vraie équipe. C’est-à-dire un collectif partageant une ambition commune et apte à affronter une compétition de haut niveau. Par contre, de très piteuses initiatives n’ont pas manqué, comme le folklorique tournoi des Black stars ou le tout récent stage français qui s’est bouclé sur la déroute de Guingamp. La gestion de l’Equipe nationale a paru se faire dans la confusion, dans l’improvisation et la contradiction. A plusieurs reprises nos reporters se sont entendus exposer des versions sur la préparation des Aigles qui variaient d’un interlocuteur à l’autre à l’intérieur du même staff technique. Avec l’arrivée de Kasperczak, cette cacophonie cessera sans doute. Mais que de temps perdu qu’il faut maintenant rattraper. Sans nous lamenter inutilement sur le lait versé, nous avons la conviction que la Fédération malienne de football s’est mise elle-même dos au mur. Jusqu’à ce que l’insupportable ne soit atteint, elle a refusé de prendre en compte des indices flagrants sur les lacunes de Romano Matte. Ce dernier sert aujourd’hui de bouc émissaire comme Sarramagna avait, auparavant, accepté d’être un fusible. Mais nous entrons désormais dans une zone où la marge d’erreur devient quasiment nulle. Tout comme l’est le crédit des dirigeants du football malien auprès du grand public.