C’est parti pour 16 millions d’électeurs soudanais qui ont commencé dès dimanche à voter pour des scrutins historiques de leur pays.
En effet, les électeurs sont conviés à voter pour l’élection présidentielle, des législatives et régionales. Il faut reconnaître que le processus électoral est particulièrement complexe au Sud-Soudan, où la population majoritairement illettrée doit au total voter 12 fois, notamment pour le président du pays, le président du Sud-Soudan, les députés nationaux, sud-soudanais et régionaux, ainsi qu’une série de responsables locaux. Autre difficulté, les bulletins pour la présidentielle nationale ont été imprimés uniquement en arabe par les presses d’Etat alors qu’au Sud-Soudan la langue officielle est l’anglais et les dialectes locaux abondent. Les opérations de vote qui ont débuté dimanche doivent se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. Des difficultés ont émaillé cette première journée. De nombreux problèmes logistiques ont compliqué le déroulement de la première journée de vote. La commission électorale a reconnu des « erreurs techniques » tout en indiquant que les choses se passaient « bien ». Le gouverneur de l’Etat de Khartoum, Abderahman al-Khidr, membre du Parti du congrès national (NCP du président Béchir), a affirmé qu’il allait demander une prolongation de trois jours du scrutin, si cela s’avérait nécessaire. Des bureaux ont ouvert en retard, d’autres pas du tout, certains n’avaient pas reçu de bulletins de vote ou des bulletins correspondant à une autre circonscription. Les autorités aussi reconnaissent que des erreurs sont survenues dans l’impression des bulletins de vote dans l’Etat du Nil Blanc, situé juste au sud de la capitale Khartoum. De leur côté, les ex-rebelles sudistes du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) ont dénoncé dimanche des ratés à l’issue de la première journée des élections nationales et demandé une prolongation de quatre jours du scrutin. « Nous avons envoyé une plainte à la commission électorale dans laquelle nous demandons une prolongation du vote de trois à sept jours », a déclaré Samson Kwaje, directeur de campagne de Salva Kiir, chef du SPLM et président sortant du Sud-Soudan semi-autonome. Le président sortant Omar el-Béchir au pouvoir depuis 1986 est sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour. Mais, il sera le seul à tirer profit de ces élections multipartites pour son pays. Il a été le seul parmi les nombreux candidats en lice pour la présidentielle à sillonner le pays menant campagne tambour battant et lançant des mises en garde à ceux qui menaçaient de boycotter les élections. Il est encore temps de corriger les imperfections relevées afin de rendre le scrutin plus crédible aux yeux de la communauté internationale et des citoyens qui se sont donnés la peine d’exprimer leurs votes.