EDITORIAL

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Plusieurs ingrédients sont réunis pour que les congés du gouvernement s’avèrent finalement studieux

Bloc-notes : VACANCES EN POINTILLE

« Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout… », chantait le groupe de musique Elégance en 1982. C’est le temps des vacances. Le gouvernement est en congé depuis hier. Les députés sont en intersession depuis qu’ils ont bouclé en fin juin leur session ordinaire d’avril. Les élèves du fondamental et du secondaire sont au repos depuis la fin des examens de fin d’année. Et hasard du calendrier, le mois de Ramadan a démarré hier. Le Ramadan n’est certes pas une période instituée pour le repos, mais il favorise une baisse du rythme des activités. Surtout au niveau institutionnel. Au regard de toutes ces considérations, l’on serait tenté d’imaginer le calme plat qui devrait s’abattre sur la vie publique dans les semaines à venir. En fait l’exécutif gouvernemental pourra-t-il pleinement profiter de ses congés ? Pas sûr. Plusieurs facteurs sont réunis pour que nombre de ministres se sentent obligés de rester plus ou moins en activité. Il faut dire que les vacances de cette année interviennent dans un contexte particulier : la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance dont les festivités culmineront le 22 septembre. Les nombreux chantiers ouverts pour la réussite de cet événement historique ont besoin d’un suivi étroit. Tout comme l’organisation des manifestations du jour « J ». Au nombre des dossiers à gérer, il y a encore et toujours l’école. Certes, les enseignants du supérieur continuent d’observer la trêve conclue avec l’intervention du chef de l’Etat. Mais si les cours ont repris depuis le 15 juillet dernier, le gouvernement et les syndicats n’ont toujours pas conclu l’accord qui rassurera définitivement quant au sauvetage de l’année scolaire. La poursuite des négociations avec les syndicats imposera donc aux départements concernés à rester en état d’alerte. Il y a aussi l’hivernage qu’il faut suivre sur au moins deux aspects : la supervision de la campagne agricole et les éventuelles inondations. Certes après un début laborieux, l’hivernage s’est bien installé et les prémisses de la campagne agricole sont prometteuses. Mais notre agriculture est soumise aux aléas climatiques. Ce qui suppose que les pouvoirs publics doivent être à l’écoute permanente des échos provenant du monde rural. L’autre aspect qui nécessite une grande vigilance en cette période des pluies touche aux éventuelles inondations. Celles-ci ont déjà fait 5 morts comme l’a annoncé mercredi le Comité interministériel de veille sur les inondations lors d’une réunion à la Primature. Ce bilan d’étape confirme la nécessité de maintenir une grande vigilance. Parmi les gros dossiers du moment, il y a le mois de Ramadan qui donne chaque année lieu à des polémiques et controverses. Les autorités chargées du commerce assurent avoir pris toutes les dispositions pour éviter tout dérapage sur les prix des denrées de grande consommation. Mais les consommateurs n’oublient que les précautions annoncées les années précédentes et les avantages accordés aux importateurs de ces produits n’avaient pas empêché des opérateurs économiques peu scrupuleux, de spéculer sur les prix. Comme de coutume désormais, ce mois de Ramadan braquera donc tous les regards sur l’évolution des denrées de consommation courante. Là aussi, le gouvernement va devoir surveiller les signaux envoyés par les marchés. Ces quelques « chantiers » suffisent pour établir que les problèmes ne prendront pas de vacances. Le temps de repos accordé aux ministres pourrait s’avérer finalement studieux et devenir des vacances en trompe-l’œil.