EDITORIAL

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Le PDES est né avec un certain nombre d’acquis, mais il devra aussi rapidement se frotter à des challenges importants

Bloc-notes : DES ATOUTS ET DES INCONNUS

La donne a changé. Rien ne sera probablement plus comme avant dans le paysage politique malien. Les lignes vont forcément bouger. L’arrivée sur la scène du Parti pour le développement économique et la solidarité impose cette reconfiguration. Jamais depuis 2001, la création d’un parti politique n’a suscité autant de commentaires et de fébrilité. Cette année-là, c’est le Rassemblement pour le Mali (RPM) de Ibrahim Boubacar Kéïta qui était la vedette. Le 30 juin, le parti de l’ancien Premier ministre avait été porté sur les fonts baptismaux sous une écrasante charge émotionnelle. Les conditions dramatiques dans lesquelles, les fondateurs de ce parti avaient quitté leur formation d’origine (l’ADEMA-PASJ) expliquaient ce sentiment. Mais revenons au Parti pour le développement économique et la solidarité. Une semaine après son lancement officiel, le parti inspiré par le Mouvement citoyen continue d’accaparer l’actualité politique et de soulever les passions. Certes ce n’est pas encore une belle histoire. Celle-ci reste à écrire. Mais le lancement a été une belle occasion pour les initiateurs de frapper les esprits. « Le chemin le plus long commence par un pas ». Le président du parti, Ahmed Diane Séméga a trouvé les mots justes pour schématiser le travail qui reste à faire. Tout commence donc désormais pour la nouvelle formation. En effet, quand l’euphorie du lancement aura passé, le parti sera amené à répondre à un certain nombre de questionnements. C’est vrai qu’il est né avec un certain nombre privilèges. D’abord parce qu’il n’a pas été créé EX NIHILO, ayant été initié par les animateurs du Mouvement citoyen. Ensuite il y a la qualité des ses ressources humaine avec une pléiade de hauts cadres en activité que même les partis les plus solidement implantés lui envieraient. Et que dire des nombreuses personnalités de la société civile, des responsables d’institutions, des opérateurs économique qui y ont adhéré ! Tout cela compte beaucoup en terme d’influence. C’est important également pour les moyens, notamment les finances. Un autre atout du parti est qu’il naît avec des élus : une vingtaine de députés et près de 800 élus municipaux revendiqués. Disposer d’entrée de jeu d’un tel nombre d’élus constitue une base solide pour avoir une implantation nationale. Ceci dit, si le parti veut « faire partie des premières formations politiques à l’horizon 2012 », comme l’a dit son président lors du lancement, il doit rapidement se mettre au travail. Car bâtir un parti, c’est recruter des militants (il faut savoir donc attirer). C’est avoir des organisateurs au quotidien (les employés du parti). Il faut se constituer un état-major opérationnel, disposer d’un contrôleur tatillon et omniprésent. Pour le cas précis du PDES, il y d’autres défis à relever. Le premier est la nature même du parti qui ne fédère pas un groupe uni et idéologiquement homogène (même si l’on sait le peu de poids des programmes et des grandes idées dans les batailles électorales maliennes). La nouvelle formation a attiré des personnalités aux motivations bigarrées. Il y a ceux qui portent au président Touré une affection incontestablement et sincère. Mais il y a aussi ceux qui ont des motivations inavouables et qui veulent prendre date dès maintenant. De fait, la taille pharamineuse du bureau atteste d’un trop-plein d’ambitions. Une autre question : comment se positionneront les autres formations politiques au fur et à mesure que les échéances cruciales s’approcheront ? Certes les partis existants ont accueilli le nouveau venu avec flegme. Mais à l’heure du bilan et des confrontations électorales, ils ne se montreront sans pas aussi fair-play. Le 2è vice-président de l’Assemblée nationale, le député ADEMA Assarid Ag Imbarcaouane a déjà donné le ton. Il y a quelques jours sur les antennes de nos confrères de RFI, il relevait que le PDES ne peut pas à lui seul s’approprier l’héritage du président Touré. Nombre de formations politiques et non des moindres l’ayant activement soutenu et accompagné pendant les deux mandats. Le petit jeu a commencé. Et plus le PDES précisera ses ambitions, plus il se mettra à découvert. Et s’exposera aux critiques. Une semaine jour pour jour après le lancement du PDES, une nouvelle formation entre en scène. Son lancement sera sans doute beaucoup moins fracassant. Il s’agit du parti Yelema (le Changement) initié par le jeunes et éphémère maire de la Commune IV du district de Bamako, Moussa Mara. Le congrès constitutif du nouveau parti s’ouvre aujourd’hui au palais de la Culture. Ayant sans doute tiré les leçons de ses déboires électoraux à cause de son statut d’indépendant, le jeune expert-comptable a décidé de changer de fusil d’épaule. En effet, malgré la grande popularité dont il peut se targuer dans la circonscription, il n’est pas arrivé se faire élire comme député. Parti en ballotage favorable lors du second tour des législatives de 2007 (en tant que candidat indépendant), il s’était finalement incliné face à une large coalition de partis politiques qui soutenaient son concurrent. Aux municipales de 2009, Moussa Mara avait voulu prendre sa revanche. Il le réussira, en prenant la tête de la mairie, mais pas pour longtemps. Quelques mois plus tard la justice annulait les résultats des élections et le conseil municipal était dissout. Ce sont encore des partis qui étaient à l’origine des requêtes en annulation des résultats du scrutin…