Le Fonds des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à travers son Fonds fiduciaire pour la sécurité alimentaire vient d’organiser un test de dégustation de sauce à l’échalote.
La manifestation s’est déroulée le lundi, 29 juillet 2010 au restaurant « Bafing », au quartier du fleuve à Bamako. Cette fête culinaire a bénéficié de la collaboration de la sécurité sanitaire des aliments, du Programme italien pour la sécurité alimentaire (PISA), et du réseau international de restauration « Slow Food ». Cette opération s’inscrivait dans le cadre du projet de valorisation de l’échalote dogon. Il s’agit de consolider la lutte contre la pauvreté dans le cercle de Bandiagara en assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle des bénéficiaires. La cérémonie a enregistré la participation d’une cinquantaine de dégustateurs professionnels et non professionnels. Le menu proposé était composé du riz à la sauce à base d’échalote (oignon) produit dans les cercles de Bandiagara et de Niono. Il s’agissait pour le dégustateur de faire la différence entre les deux sauces. Il devait ensuite préciser sur une fiche de renseignements, les critères qui différencient la sauce à base d’échalote du pays dogon de celle à base d’échalote de Niono. C’est à partir de ces données, qu’il sera procédé à la caractérisation et à la labélisation de l’échalote dogon, explique Anne Meyer, la consultante en labelisation pour la FAO. Ibrim Tounkara, le responsable du restaurant "Bafing" précise que les sauces ont été préparées sans aucun assaisonnement pour préserver le goût naturel de l’échalote. Dans un monde où la tendance est de plus en plus à la consommation des produits bio, la promotion de tout produit passe par sa caractérisation. Cette précaution aide le consommateur à déterminer l’origine du produit, de suivre son itinéraire de transformation jusqu’au produit fini. La production et la commercialisation de l’échalote est la principale activité des femmes rurales en pays dogon. Mais ce produit maraîcher qui fait partie de l’alimentation quotidienne est peu connu des consommateurs maliens. C’est pourquoi, la présente activité de dégustation vise à proposer aux bamakois, un label de l’échalote dogon appelé identification géographique. Selon Anne Meyer, le test a été une réussite dans la mesure où les informations recueillies attestent que 53% des dégustateurs ont pu faire la différence en distinguant l’échalote dogon de l’échalote de Niono. De l’avis de la majorité, l’échalote dogon se distingue par son goût savoureux et piquant. Par contre l’échalote de Niono est succulent. C’est -à-dire qu’ il contient une plus grande quantité d’eau qui attenue fortement son goût. A partir de ces caractéristiques, ont peut déterminer les conditions de production du produit, indiquent les spécialistes. La norme établit qu’il suffit que trente dégustateurs participent au concours , même s’ils sont non professionnels, pour valider le test. Il se trouve que le test organisé au Bafing a enregistré une quarantaine de dégustateurs. Cette affluence est un motif de satisfaction pour les organisateurs. Le Projet appui aux organisations des producteurs pour une meilleure valorisations des productions dans les cercles de Bandiagara et Ménaka est partie intégrante du Programme national de sécurité alimentaire (PNSA) du Mali. Il a démarré en janvier 2008 pour une durée initiale de trois ans. Il a bénéficié d’une contribution du gouvernement Italien à hauteur de 2 000 000 d’euros. Une contribution additionnelle d’un montant de 2 215 657 euros a été octroyée en par le même pays en 2009. La clôture du projet a été prorogée au 31 décembre 2012.