ECONOMIE

PostHeaderIcon Transparence dans l’exploitation minière : LA SOCIETE CIVILE APPREND LE METIER DE SENTINELLE

A l’impact socio-économique occasionné par le manque d’information et de transparence, s’ajoutent des conséquences environnementales négatives

Transparence dans l’exploitation minière : LA SOCIETE CIVILE APPREND LE METIER DE SENTINELLE

Bamako abrite depuis hier un atelier international d’information et de sensibilisation sur l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), l’or, le diamant et le processus de Kimberley (PK). La rencontre est organisée par la Fondation pour le développement au Sahel (FDS-Bali), le Centre du commerce international pour le développement (CECIDE-Guinée) en collaboration avec Partenariat Afrique Canada (PAC). Cette réunion entend renforcer les capacités de la société civile sur les questions liées à l’exploitation et la commercialisation de l’or et le trafic des diamants dans notre pays. Pendant deux jours, des participants venus de Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, Sierra-Leonne, Liberia, Canada et Mali seront informés et sensibilisés à l’application du processus de Kimberley. La rencontre soulignera aussi la menace qui pourrait peser dans un avenir proche, sur le capital économique reconnu du secteur minier au Mali. La découverte et l’exploitation des ressources naturelles constituent pour chaque pays producteur un facteur de développement économique et social du fait des importants revenus générés par les industries extractives. Mais, explique Souleymane Tiémoko Sangaré, le directeur exécutif de la FDS, une anomalie due, entre autres, à la mauvaise gouvernance, la corruption, le non-respect des droits humains, les conflits et l’aggravation de la pauvreté, touche tous les pays dont l’économie dépend de ces ressources. Notre pays, comme d’autres de la sous-région, a connu ces quinze dernières années un développement minier fulgurant qui l’a propulsé au 3è rang des producteurs d’or en Afrique. La contribution du métal précieux à l’économie nationale est très importante. En effet, l’or représente une production moyenne annuelle d’environ 50 tonnes, 15 % du PIB, 70 % des recettes d’exportation. Selon les données de la 3è journée minière et pétrolière plus de 120 milliards Fcfa de retombées financières étaient attendues pour l’économie nationale en 2009. Malgré cet important potentiel, relève le directeur de la FDS, les défis du développement et la réduction de la pauvreté se posent avec acuité à notre pays. En effet, l’espoir suscité par l’exploitation minière s’est transformé en désillusion chez les communautés riveraines des mines qui, paradoxalement, sont plus pauvres que leurs homologues des autres zones. Les régions de Kayes et de Sikasso, deux zones par excellence de production d’or avec un taux respectif de 62,4 % et 65,8 % de pauvres concrétisent ce paradoxe. La caractéristique essentielle de ce contexte, souligne Souleymane Tiémoko Sangaré, est le manque d’information et de transparence sur les questions liées à l’exploitation des mines. En plus de cet impact socio-économique, constate le directeur de la FDS, les communautés prennent de plus en plus conscience des impacts environnementaux négatifs qui s’avèrent beaucoup plus graves pour elles. Souleymane Tiémoko Sangaré précise sur ce point que malgré les différentes révisions, le code minier malien demeure très laxiste sur la protection de l’environnement. C’est dans ce contexte et sous l’impulsion de la Banque mondiale, dira-t-il, que notre pays s’est engagé à garantir une plus grande transparence de ses procédures et l’amélioration continue de sa gouvernance. Pour compléter cette adhésion aux mécanismes internationaux de la transparence dans les industries extractives, le Mali a souhaité être membre du PK. Ce processus, basé sur la traçabilité des gemmes, est destiné à mettre un terme aux liens entre le commerce de diamant et les conflits armés. Le directeur de la FDS indique que même si le Mali ne figure pas pour le moment parmi les grands pays producteurs de diamant, son engagement dans une dynamique d’appropriation des enjeux socio-politiques du système de certification du processus de Kimberley, aidera à la mise en œuvre du processus dans les pays limitrophes concernés par la production et la commercialisation des diamants bruts que sont la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire. Ainsi notre pays sera moins un pays de transit des diamants illicites, conclu le directeur. Le chef du cabinet du ministère des Mines qui présidait la cérémonie, a souligné que l’industrie minière restait une industrie unique du fait de l’impact complexe qu’elle peut avoir sur le développement économique local et national, sur l’environnement, sur les profils socioculturels souvent typiques et des vastes zones minières d’un pays ou d’une région particulière. C’est pourquoi son département dans sa vision stratégique a toujours réservé une place de choix aux principes de l’ITIE, du PK et la réduction de la pauvreté. Selon Abdrahamane Diallo, les acteurs étatiques et non étatiques du secteur minier, les industries minières et la société civile sont partenaires dans la recherche de solutions aux nombreux problèmes qui se posent en matière d’exploitation minière.