De nombreux commerçants vendent des produits de qualité douteuse ou de mauvaise qualité en truquant les balances
Dans un contexte où le consommateur est quotidiennement éprouvé par la cherté de la vie, certains mauvais comportements et phénomènes qui ne cessent de s’enraciner dans les mœurs sont très inquiétants et interpellent le citoyen. De quoi s’agit-il ? Des vols de marchandises de toutes natures sont perpétrés à longueur de journée sur les axes routiers. Et pour tout couronner, de nombreux commerçants s’adonnent à des pratiques malhonnêtes. Ils vendent des produits de qualité douteuse ou de mauvaise qualité en truquant les balances. Les personnes indexées sont d’abord, les bandits et voleurs de grands chemins, ensuite les livreurs de marchandises à domicile et les nombreux revendeurs. C’est ainsi que certains aliments comme le thé et le lait vendus en vrac n’ont plus leur saveur originale. Interrogez les consommateurs ! Beaucoup vous expliqueront que le lait en poudre vendu en vrac est mélangé à de la poudre de maïs. Autre constat : plusieurs catégories de thé sont mélangées de sorte qu’il est très difficile d’obtenir du thé de bonne qualité chez les boutiquiers. Ceux qui ont l’habitude de consommer le thé « Gazelle » savent aujourd’hui, qu’en général ce thé est dénaturé. Le constat le plus déroutant est que certains se sont professionnalisés dans le vol de céréales et de ciment. Ces filous opèrent sur les axes Ségou -Sikasso – Bamako- Abidjan. Un gendarme du Corridor Bamako –Abidjan explique : « un moment, la gendarmerie a enregistré de nombreuses plaintes contre les camionneurs. Les plaignants ont remarqué que les tonnages de céréales embarqués dans les camions sont inférieurs à ceux enregistrés à l’arrivée. Devant l’ampleur des plaintes, la gendarmerie a mené des enquêtes. Résultat : un groupe de voleurs a été arrêté ». Comment agissaient- ils ? En fait, Ils opèrent particulièrement la nuit, sur des gros camions chargés de marchandises. Ces malfrats s’arrangent à se hisser sur les gros porteurs, à l’abri des regards et opèrent en bande. Une fois dans le véhicule, ils guettent le moment propice où le chauffeur et son apprenti sont plongés dans une causerie dans la cabine. Les cambrioleurs commencent alors à jeter des sacs par dessus bord à l’arrière du véhicule (notre dessin). Ils jettent de tout sur le bitume : des céréales, du ciment, des poulets, bref, tout ce qu’on peut imaginer. Entre temps, dans le sillage du camion dont la cargaison est pillée, un autre véhicule dont les occupants suivent de près le gros porteur s’occupent du ramassage des colis éjectés. D’autres brigands opèrent différemment. Ce sont les plus nombreux. Ceux qui transportent les chargements de céréales à Bamako, aussi bien que ceux qui doivent livrer à domicile percent les sacs sans grande difficulté. Ils sont adroits pour ne pas laisser de trace sur les sacs en plastic dans lesquels ils introduisent des raccords débouchant sur d’autres sacs. Ainsi, ils vident les sacs de céréales d’une bonne partie de leur contenu et dérobent les fruits des ponctions . Récemment, un commerçant de la place a acheté quatre tonnes et demi de riz. Après le déchargement, il manquait 300 kg de riz. Après une grande bagarre, les fautifs ont remboursé les 300 kg. Le problème est surtout préoccupant pour le ciment. A Niamakoro, les malfrats ont aménagé un endroit spécial doté de tout le matériel nécessaire pour accomplir leur forfait. A cet endroit là, les livreurs détournent le ciment. Sur chaque sac, ils prélèvent deux ou trois kilos. Ils recollent les sacs comme si de rien n’était. Ils vont livrer la marchandise incomplète. En conséquence, tous les calculs des constructeurs sont faussés. Ils sont obligés de revoir les quantités initiales de ciment nécessaire à la construction d’un bâtiment à la hausse. Tout cela se passe au détriment du consommateur. Nombreux sont ceux qui en savent quelque chose, mais la vie continue comme tout cela était une fatalité. Mais ce n’est pas une fatalité. Où sont passées les associations de consommateurs ? Pourquoi ne pas prendre des mesures comme à l’image de la Côte d’Ivoire, où actuellement une vaste opération de contrôle des poids, qualités et autres normes est en cours. Et les délinquants sont sévèrement punis. Des mesures vigoureuses doivent être envisagées pour circonscrire un phénomène nuisible qui ne cesse de s’amplifier et de mettre la vie des consommateurs en danger.